Revue de presse : Partis politiques Algérie, Recherche médicale Algérie, Importations Algérie…

**L’Algérie, ou l’art de danser sur un volcan endormi**

Derrière les discours officiels sur la « transition verte » ou la « révolution numérique », se cache une réalité plus âpre : celle d’un pays riches en ressources, pauvre en leviers, où les élites politiques et économiques jouent une partie d’échecs dont les règles changent en cours de jeu. Et où la jeunesse, souvent présentée comme le fer de lance du changement, se heurte à des murs invisibles – ceux des réseaux clientélistes, des bureaucraties sclérosées, et d’un système éducatif qui forme des diplômés pour un marché du travail qui n’existe pas.

**1. La souveraineté, ou l’éternel retour du refoulé colonial**

Le pouvoir algérien, depuis 1962, a construit son récit national autour de deux piliers : l’unité du peuple (contre les divisions tribales ou régionales) et la souveraineté (contre les ingérences étrangères). Pourtant, cette souveraineté est aujourd’hui mise à mal par deux phénomènes :
La dépendance aux importations, notamment en matière énergétique (panneaux solaires chinois) et pharmaceutique. L’Algérie, qui exporte du gaz et du pétrole, importe massivement des médicaments et des technologies vertes – une contradiction flagrante.
L’incapacité à transformer ses richesses en leviers de développement. Le recensement des ressources naturelles, annoncé par le gouvernement, ressemble à un aveu d’impuissance : on sait ce qu’on a, mais on ne sait pas (ou on ne veut pas) l’utiliser.

Cette quête de souveraineté se heurte à un paradoxe : plus l’Algérie cherche à s’émanciper, plus elle semble dépendre de ses partenaires historiques (Chine, UE, Russie). La transition énergétique, présentée comme une opportunité, devient un cas d’école : l’Algérie veut devenir un leader africain des énergies renouvelables, mais elle importe 80% de ses panneaux solaires… de Chine. Comme si le pays était condamné à répéter, sous une autre forme, les schémas de la dépendance coloniale.

**2. La santé et la pharmacie : le miroir brisé de l’État-providence**

Le fil rouge ? Un État qui veut jouer le rôle de protecteur, mais qui n’a plus les moyens de ses ambitions. La santé est devenue un enjeu de souveraineté nationale, au même titre que l’énergie ou la défense. Pourtant, l’Algérie reste prisonnière d’un système où :
– Les hôpitaux publics sont sous-équipés.
– Les laboratoires pharmaceutiques nationaux peinent à innover.
– La population se tourne vers le secteur privé (ou l’étranger) pour se soigner.

Résultat : une médecine à deux vitesses, où les élites peuvent se payer des soins en Europe, tandis que le reste de la population dépend d’un système public en crise.

**3. Logement et urbanisme : la bulle spéculative qui étouffe les Algériens**

Le cas de Chéraga est emblématique : cette commune de la banlieue d’Alger, où vivent des cadres, des hommes d’affaires et des hauts fonctionnaires, manque cruellement de logements sociaux. Pourquoi ? Parce que les terrains sont réservés à des projets immobiliers lucratifs, pas à des HLM.

Cette crise du logement n’est pas qu’un problème social : c’est un enjeu politique. Le régime algérien a longtemps utilisé la promesse du « logement pour tous » comme outil de légitimation. Aujourd’hui, cette promesse sonne creux. Les jeunes couples, les diplômés au chômage, les familles modestes – tous ceux qui devraient être les bénéficiaires de ces programmes – en sont exclus.

**4. La jeunesse, entre formation high-tech et précarité low-cost**

La jeunesse algérienne est prisonnière d’un paradoxe : on lui demande d’être le moteur de la modernisation, mais on ne lui donne pas les outils pour y parvenir. Les formations high-tech sont là, mais les emplois ne suivent pas. Les startups innovent, mais les investissements manquent. Les discours sur l’ »économie du savoir » résonnent comme des slogans creux quand les universités manquent de moyens et que les laboratoires de recherche sont sous-financés.

**5. Transition énergétique : la grande illusion verte ?**

Le vrai défi n’est pas technique : c’est politique et économique. L’Algérie a les ressources (soleil, vent, terres rares) pour devenir un acteur majeur de la transition énergétique. Mais elle manque :
D’une volonté politique claire (les lobbies pétroliers et gaziers sont puissants).
D’un secteur privé dynamique (les entreprises algériennes préfèrent les marchés publics juteux aux investissements risqués).
D’une population informée et mobilisée (les questions environnementales restent secondaires face au chômage et à l’inflation).

**6. Arts et patrimoine : l’Algérie entre mémoire et oubli**

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