La prolifération de produits cosmétiques contrefaits et de denrées alimentaires aux dates de péremption falsifiées constitue une menace grandissante pour la santé publique en Algérie. Selon El Watan, ce phénomène, qui touche aussi bien les grandes surfaces que les marchés informels, révèle des failles majeures dans les mécanismes de contrôle et de régulation.
Un marché saturé de produits dangereux
Les denrées alimentaires ne sont pas épargnées. Des enquêtes menées par les services de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCRF) ont révélé des pratiques de falsification des dates de péremption, notamment sur des produits laitiers, des conserves et des boissons. Ces manipulations, réalisées par des grossistes ou des détaillants peu scrupuleux, exposent les consommateurs à des risques d’intoxication alimentaire.
Des contrôles insuffisants et des réseaux organisés
Les ports algériens, notamment ceux d’Alger, d’Oran et de Skikda, sont des points d’entrée privilégiés pour ces produits. Les conteneurs, mal vérifiés en raison d’un manque de moyens techniques et humains, permettent à des cargaisons entières de passer entre les mailles du filet. Une fois sur le marché, ces produits sont distribués via des circuits parallèles, échappant aux contrôles sanitaires.
Les consommateurs en première ligne
Les réseaux sociaux amplifient le problème en facilitant la vente en ligne de ces produits, souvent présentés sous de fausses étiquettes ou des marques connues. Les plateformes comme Facebook Marketplace ou des groupes WhatsApp deviennent des vecteurs de diffusion pour ces marchandises dangereuses, sans que les autorités ne parviennent à réguler ces canaux.
Vers une réponse coordonnée ?
La sensibilisation des consommateurs joue également un rôle clé. Des campagnes d’information ciblant les dangers des produits contrefaits et les méthodes pour les reconnaître pourraient réduire la demande. L’ONDC propose, par exemple, la création d’une application mobile permettant aux citoyens de signaler les produits suspects, avec des vérifications en temps réel par les autorités.
Un enjeu de santé publique et économique
Les autorités algériennes sont donc face à un défi de taille : concilier la protection des consommateurs, la lutte contre la fraude et le soutien à une industrie locale en difficulté. Sans une action rapide et coordonnée, le danger continuera de se nicher dans les rayons des magasins, menaçant la santé de millions de citoyens.