Algérie réduit de moitié les feux de forêt en 2025

Cette semaine, les autorités algériennes ont annoncé une baisse significative des superficies ravagées par les incendies de forêt. Selon un bilan publié par la Direction générale des forêts (DGF), les surfaces touchées en 2025 ont diminué de 50 % par rapport à l’année précédente. Ce résultat intervient après une série de mesures renforcées, dont l’adoption d’une loi plus stricte et le déploiement de moyens aériens et terrestres.

D’après les chiffres communiqués par la DGF, les wilayas les plus exposées – Tizi Ouzou, Béjaïa, Jijel et Skikda – ont enregistré une réduction notable des départs de feu. En 2024, ces régions avaient subi des pertes estimées à plus de 30 000 hectares. En 2025, ce chiffre est tombé à 15 000 hectares, selon les données provisoires. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhafid Henni, a salué cette performance lors d’une conférence de presse tenue à Alger, soulignant que « la coordination entre les différents services de l’État et la mobilisation des citoyens ont joué un rôle clé ».

Renforcement juridique et moyens opérationnels

Sur le plan opérationnel, les autorités ont renforcé les capacités de détection et d’intervention. La Protection civile a reçu 12 nouveaux hélicoptères bombardiers d’eau, financés par le Fonds national de lutte contre les catastrophes naturelles. Ces appareils, basés à Tizi Ouzou et Béjaïa, ont permis d’intervenir en moins de 30 minutes sur 80 % des foyers détectés. Par ailleurs, 5 000 pompiers volontaires ont été formés et déployés dans les zones à risque, en collaboration avec les comités de villages.

Sensibilisation et prévention au cœur de la stratégie

Les autorités locales jouent également un rôle actif. Dans la wilaya de Jijel, le wali a instauré un système de patrouilles citoyennes, composées de jeunes et d’anciens combattants. Ces groupes, équipés de talkies-walkies, signalent les départs de feu aux centres de secours les plus proches. « Nous avons réduit les délais d’intervention de 40 % grâce à ce dispositif », a déclaré le wali lors d’une réunion avec les maires de la région.

Défis persistants et solutions envisagées

Pour y faire face, le gouvernement prévoit d’étendre le réseau de tours de guet, actuellement au nombre de 120. Un projet de construction de 50 nouvelles tours est en cours, avec un financement de 2 milliards de dinars. Par ailleurs, la DGF travaille sur un système de prévision des risques basé sur l’intelligence artificielle, en partenariat avec l’Agence spatiale algérienne (ASAL). Ce système, qui devrait être opérationnel d’ici 2026, permettra d’anticiper les zones à haut risque en croisant des données météorologiques, satellitaires et historiques.

Une mobilisation qui porte ses fruits

Pour maintenir cette dynamique, les autorités envisagent de créer un fonds dédié à la reforestation, alimenté par des contributions publiques et privées. Le ministre Henni a annoncé que « 100 000 hectares seront reboisés d’ici 2027, avec des espèces résistantes au feu comme le chêne-liège et le pin d’Alep ». Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du Plan national de reboisement, lancé en 2020 et doté d’un budget de 50 milliards de dinars.

La lutte contre les incendies en Algérie montre que des résultats concrets sont possibles lorsque les moyens juridiques, techniques et humains sont mobilisés de manière coordonnée. Si les défis climatiques persistent, l’expérience de 2025 offre une base solide pour les années à venir.

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