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**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions**
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**L’espace public, miroir des fractures sociales**
Cette tension se retrouve dans la gestion des universités. Le classement du lycée français d’Alger — institution élitiste par excellence — contraste avec la précarité des étudiants algériens, dont les conditions de vie dégradées sont enfin documentées. L’État algérien, qui finance des lycées étrangers pour ses élites, laisse ses propres étudiants dormir dans des logements insalubres. La fracture n’est pas seulement sociale : elle est symbolique. L’Algérie produit des diplômés sans leur offrir de débouchés, tout en exportant ses talents (via les lycées français ou les bourses à l’étranger) pour éviter une fuite des cerveaux interne — c’est-à-dire une contestation organisée de l’intérieur.
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**Femmes, climat, et la double peine de la citoyenneté**
Cette schizophrénie se retrouve dans la gestion du changement climatique. La Journée de la Terre, célébrée en grande pompe, contraste avec les modifications du code pénal qui criminalisent la liberté d’expression — y compris celle des écologistes. L’Algérie, pays pétrolier, est prise au piège de sa dépendance aux hydrocarbures : elle ne peut ni renoncer à ses revenus, ni ignorer les pressions internationales pour une transition énergétique. Le résultat ? Une politique climatique cosmétique, où les discours sur la préservation de la Terre coexistent avec la répression des voix dissidentes. Comme pour les femmes, l’État algérien veut donner l’illusion du progrès sans en payer le prix politique.
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**Arts et société civile : les laboratoires de l’alternative**
La société civile, elle, se structure malgré les obstacles. L’entretien avec Maya Ouabadi sur la « fabrique d’une revue » révèle une dynamique souterraine : celle d’intellectuels qui, privés de tribunes institutionnelles, créent leurs propres espaces de débat. Mais cette vitalité est menacée. Les cyberviolences, en hausse, ciblent particulièrement les militantes féministes, tandis que les réseaux sociaux — pourtant des outils de mobilisation — deviennent des champs de bataille où la justice est « défaillante ». L’État algérien, qui a appris à neutraliser les mouvements de rue (comme en 2019), peine à contrôler ces nouvelles formes de contestation virtuelle.
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**Finance islamique et recherche scientifique : les faux-semblants de la modernisation**
La finance islamique, par exemple, est moins une révolution qu’un pis-aller. Dans un pays où l’économie informelle représente près de 50 % du PIB, les banques islamiques (qui évitent les intérêts, jugés haram) séduisent une population méfiante envers les institutions traditionnelles. Mais cette finance « éthique » reste un outil de contrôle social : elle permet à l’État de capter l’épargne des citoyens tout en maintenant un système économique peu transparent. Quant aux entreprises en difficulté, le soutien de l’État est « sous conditions » — une manière de rappeler que l’économie algérienne reste un capitalisme d’État, où les acteurs privés ne prospèrent qu’avec la bénédiction du pouvoir.
La recherche scientifique, elle, souffre d’un paradoxe similaire. Les plateformes numériques algériennes sont récompensées à l’étranger, mais dans le même temps, les universités algériennes peinent à retenir leurs talents. Le classement des lycées français (où excelle celui d’Alger) montre que l’élite algérienne préfère former ses enfants à l’étranger plutôt que de croire en son propre système éducatif. La recherche algérienne brille par intermittence, mais elle reste dépendante des financements publics et des coopérations internationales — deux leviers que l’État utilise pour orienter les travaux vers des sujets « sûrs », évitant les questions trop politiques.
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**Algérie-Maroc : le jeu des ombres et des alliances**
Cette realpolitik révèle une vérité cruelle : les régimes algérien et marocain, bien que rivaux, partagent une même obsession pour la stabilité à tout prix. Le Maroc mise sur son partenariat avec l’Espagne (comme en témoigne la rencontre entre Bourita et Álvarez) pour renforcer sa position économique, tandis que l’Algérie joue la carte de la realpolitik énergétique (gaz, pétrole) pour conserver son influence. Dans les deux cas, les populations sont les grandes absentes de ces calculs géopolitiques.
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