Sonatrach et ENI signent 1,35 milliard de dollars en Algérie

L’Algérie confirme son rôle central dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe avec la signature récente d’un contrat entre Sonatrach et le géant italien ENI. D’un montant de 1,35 milliard de dollars, cet accord renforce la coopération bilatérale dans le secteur des hydrocarbures, selon les informations rapportées par RFI. Le partenariat, conclu en juillet 2025, porte sur l’exploration et la production de gaz naturel dans le bassin saharien, une zone stratégique pour les deux pays.

Le contrat s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des partenariats énergétiques algériens. Sonatrach, déjà premier fournisseur de gaz de l’Italie, consolide ainsi sa position sur le marché européen, marqué par une demande croissante en énergie propre et sécurisée. ENI, de son côté, mise sur l’Algérie pour réduire sa dépendance aux approvisionnements russes, une priorité depuis la crise ukrainienne. Les deux entreprises avaient déjà collaboré sur des projets similaires, comme le développement du champ gazier de Berkine, mais l’ampleur de cet accord marque une nouvelle étape.

Les détails techniques du projet restent confidentiels, mais des sources proches des négociations indiquent qu’il concerne plusieurs blocs d’exploration dans le Sud algérien. Ces zones, riches en réserves de gaz conventionnel, attirent depuis plusieurs années les investisseurs étrangers. L’Algérie, qui dispose des dixièmes réserves mondiales de gaz, mise sur ces partenariats pour moderniser ses infrastructures et augmenter sa capacité de production. Selon le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, ces investissements permettront d’atteindre une production de 130 milliards de mètres cubes de gaz par an d’ici 2027, contre environ 100 milliards actuellement.

L’accord Sonatrach-ENI s’accompagne également de clauses sur la transition énergétique. Les deux entreprises prévoient d’investir dans des technologies de capture et de stockage du carbone (CSC), ainsi que dans l’hydrogène bleu, une filière en plein essor. ENI, qui a annoncé son objectif de neutralité carbone d’ici 2050, voit dans ce partenariat une opportunité de concilier sécurité énergétique et décarbonation. Pour l’Algérie, cette dimension écologique représente un atout supplémentaire pour attirer des investisseurs soucieux de respecter les normes environnementales européennes.

Sur le plan économique, cet investissement devrait générer des centaines d’emplois locaux, notamment dans les wilayas du Sud comme Ouargla et Adrar. Les retombées ne se limiteront pas au secteur énergétique : les infrastructures routières, les services logistiques et les sous-traitants locaux bénéficieront également de cette dynamique. Le gouvernement algérien, qui a récemment assoupli le code des investissements pour faciliter les partenariats étrangers, mise sur ces projets pour stimuler la croissance hors hydrocarbures. Le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a d’ailleurs souligné lors d’une récente intervention que ces accords s’inscrivaient dans la stratégie de diversification économique du pays.

Les réactions internationales à cet accord ont été globalement positives. L’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en sécurisant ses approvisionnements, voit d’un bon œil cette collaboration. La commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, a salué « un partenariat gagnant-gagnant » lors d’une visite à Alger en juin 2025. Du côté italien, le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable et stratégique » pour l’Italie et l’Europe.

Cependant, des défis subsistent. Les tensions géopolitiques en Méditerranée, notamment autour des frontières maritimes entre l’Algérie et le Maroc, pourraient compliquer certains projets. De plus, les fluctuations des prix du gaz sur les marchés internationaux restent un risque pour la rentabilité des investissements. Enfin, la concurrence accrue des énergies renouvelables, notamment en Europe, impose à l’Algérie d’accélérer sa transition vers des sources moins carbonées.

Pour Sonatrach, cet accord s’ajoute à une série de partenariats conclus ces dernières années avec des entreprises européennes et asiatiques. En 2024, la compagnie nationale a signé un contrat de 4 milliards de dollars avec la société française TotalEnergies pour l’exploration de nouveaux gisements offshore. Ces collaborations illustrent la volonté de l’Algérie de rester un acteur incontournable sur le marché mondial de l’énergie, tout en préparant l’après-pétrole.

Sur le plan interne, cet investissement pourrait aussi apaiser certaines tensions sociales. Le Sud algérien, où se concentrent la majorité des projets énergétiques, souffre d’un chômage élevé et d’un manque d’infrastructures. Les retombées économiques locales, si elles sont bien gérées, pourraient contribuer à réduire les inégalités régionales. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé la création d’un fonds spécial pour financer des projets sociaux dans les zones d’extraction, une mesure saluée par les élus locaux.

En conclusion, l’accord entre Sonatrach et ENI marque une étape importante pour l’Algérie, tant sur le plan économique que géopolitique. Il confirme la place du pays comme fournisseur clé de l’Europe, tout en ouvrant la voie à une collaboration plus large dans les énergies propres. Pour les investisseurs étrangers, l’Algérie reste une destination attractive, à condition de s’adapter à ses priorités : diversification économique, création d’emplois et respect des normes environnementales.

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