L’Algérie produit 70% de ses médicaments localement

En décembre 2025, le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed a annoncé que l’Algérie couvrait désormais 70% de ses besoins en médicaments grâce à la production locale. Cette progression marque une étape clé dans la stratégie nationale d’autosuffisance sanitaire, lancée après les pénuries répétées des années 2020.

Des usines qui tournent à plein régime

Les investissements privés suivent cette dynamique. Le laboratoire Biopharm, basé à Sétif, a inauguré en octobre 2025 une unité de production de vaccins contre la grippe et le pneumocoque. « Cette usine répond à un besoin critique : avant 2023, l’Algérie importait 80% de ses vaccins », souligne son directeur général, Karim Meziane. Le groupe compte embaucher 300 techniciens d’ici 2026 pour atteindre une production de 10 millions de doses annuelles.

Des partenariats ciblés pour combler les lacunes

La recherche publique joue aussi un rôle clé. L’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a lancé en 2025 un programme de développement de biosimilaires, ces versions moins chères des médicaments biotechnologiques. « Nous travaillons sur un biosimilaire du Trastuzumab, utilisé contre le cancer du sein. Les essais cliniques débuteront en 2026 », précise la directrice de l’IPA, Fawzia Dekak.

Un impact concret sur les prix et l'accès aux soins

Les hôpitaux publics bénéficient aussi de cette dynamique. Le CHU Mustapha Pacha d’Alger a réduit ses dépenses en médicaments importés de 40% en 2025. « Nous recevons désormais 90% de nos besoins en antibiotiques et antalgiques de Saidal et des laboratoires privés algériens », confirme le directeur de l’établissement, Pr. Mohamed Belhocine.

Des défis persistants

Autre défi : la formation des ressources humaines. « Nous manquons de techniciens spécialisés en biotechnologie. Les universités algériennes ne forment pas assez dans ce domaine », souligne le Pr. Rachid Belhadj, doyen de la faculté de pharmacie d’Alger. Pour y remédier, des partenariats avec des écoles européennes et asiatiques sont en discussion.

Une stratégie alignée sur les besoins de la population

Cette stratégie s’inscrit aussi dans une vision plus large de souveraineté sanitaire. « L’expérience du Covid-19 a montré les risques de la dépendance aux importations. Aujourd’hui, nous sommes mieux préparés pour faire face à d’éventuelles crises », déclare le ministre Benbahmed.

Vers une exportation de médicaments algériens ?

Pour y parvenir, le gouvernement mise sur des incitations fiscales. Les laboratoires qui exportent bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans. « Cette mesure a déjà attiré des investisseurs étrangers, comme le groupe indien Cipla, qui a ouvert une usine à Oran en 2024 », précise le ministère de l’Industrie.

L’Algérie a parcouru un long chemin depuis les pénuries de 2020. Si les défis persistent, la production locale de médicaments s’impose comme un pilier de la politique sanitaire nationale. Reste à consolider ces acquis pour garantir un accès durable et abordable aux soins pour tous les Algériens.

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