Ouargla accueille le tournage des Sables en révolte

Le désert de Ouargla est devenu ces dernières semaines le théâtre d’un ambitieux projet cinématographique algérien. Le film historique Les Sables en révolte, dont le tournage a récemment débuté, promet de mettre en lumière un épisode méconnu de la résistance populaire dans le Sud algérien. Selon El Watan, qui a révélé l’information, ce long-métrage s’inspire des soulèvements locaux contre l’oppression coloniale au début du XXe siècle, une période souvent éclipsée par les récits centrés sur le Nord du pays.

Les autorités locales et le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) ont facilité les préparatifs, transformant les dunes de la région en un plateau à ciel ouvert. Des centaines de figurants, majoritairement des habitants de Ouargla et des wilayas voisines, participent aux scènes de foule, renforçant l’authenticité du projet. Le réalisateur, dont le nom n’a pas encore été officiellement dévoilé, aurait choisi ce décor pour son symbolisme : un territoire où la résistance s’est organisée loin des regards, dans l’immensité du Sahara.

Un budget et des ambitions inédits

La post-production sera assurée par des studios algériens, avec une collaboration annoncée avec des techniciens tunisiens pour les effets spéciaux. Le film, prévu pour une sortie en salles en 2027, vise une distribution internationale, notamment via des festivals spécialisés dans le cinéma historique et postcolonial. « C’est une opportunité de montrer une autre facette de notre histoire, souvent réduite à la guerre de libération », confie un membre de l’équipe technique à El Watan.

Défis logistiques et enjeux culturels

Sur le plan culturel, le film suscite déjà des débats. Certains historiens locaux reprochent au scénario de prendre des libertés avec les faits, notamment sur le rôle des tribus du Sud dans les révoltes. « Il faut distinguer la fiction du documentaire. L’objectif n’est pas de réécrire l’histoire, mais de la rendre accessible », défend un conseiller historique du projet. Par ailleurs, la présence de femmes dans des rôles de combattantes, bien que minoritaires, a été saluée comme une avancée dans la représentation des figures féminines de la résistance.

Ouargla, nouvelle capitale du cinéma algérien ?

Les retombées économiques sont attendues. Les hôtels et restaurants de la région ont vu leur fréquentation augmenter, et des emplois temporaires ont été créés pour les besoins du tournage. « C’est une bouffée d’oxygène pour l’économie locale, mais aussi une vitrine pour le tourisme », souligne le président de l’association des commerçants de Ouargla. La wilaya envisage désormais de créer un fonds dédié au soutien des productions audiovisuelles, sur le modèle de ce qui existe à Tamanrasset ou Ghardaïa.

Un cinéma algérien en quête de reconnaissance

Pourtant, les défis persistent. La censure, bien que moins systématique qu’auparavant, reste un sujet sensible. Le Matin d’Algérie rapportait récemment que plusieurs projets avaient été retardés ou modifiés en raison de « contenus jugés incompatibles avec les valeurs nationales ». Les réalisateurs algériens doivent souvent composer avec ces contraintes, tout en cherchant à préserver leur liberté créative.

Une date de sortie très attendue

En attendant, Ouargla retient son souffle. Les habitants espèrent que ce projet ouvrira la voie à d’autres productions, faisant de leur wilaya un pôle cinématographique à part entière. Pour l’Algérie, c’est l’occasion de prouver que son cinéma, riche d’une histoire mouvementée, est plus vivant que jamais.

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