Le Palais des Expositions d’Oran accueille depuis le 6 octobre le NAPEC 2025, le salon international des hydrocarbures et de la transition énergétique. Cet événement, organisé par Sonatrach en partenariat avec le ministère de l’Énergie et des Mines, réunit plus de 500 exposants et 20 000 visiteurs professionnels venus de 30 pays. Le choix d’Oran comme ville hôte n’est pas anodin : la wilaya concentre près de 40 % des investissements algériens dans les énergies renouvelables, avec des projets comme la centrale solaire de Bir El Djir, d’une capacité de 200 MW.
Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie et des Mines, a ouvert les travaux en soulignant que l’Algérie vise une production de 15 000 MW d’énergies renouvelables d’ici 2035, dont 4 000 MW d’ici 2027. « Notre stratégie repose sur trois piliers : la diversification du mix énergétique, l’efficacité énergétique et l’intégration industrielle des EnR », a-t-il déclaré devant un parterre de dirigeants de TotalEnergies, Eni et Siemens Energy. Le ministre a également annoncé la création d’une « task force » dédiée à l’hydrogène vert, avec un premier appel d’offres prévu pour 2026.
Le NAPEC 2025 met en lumière des projets concrets. Sonatrach a signé un protocole d’accord avec l’allemand Thyssenkrupp pour développer des unités de production d’hydrogène vert à Arzew et Skikda. « L’Algérie dispose d’un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés au monde, avec un ensoleillement moyen de 2 500 kWh/m²/an et des vents dépassant 8 m/s dans le Sud », a précisé Toufik Hakkar, PDG de Sonatrach, lors d’une table ronde. Le groupe pétrolier algérien prévoit d’investir 5 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici 2030, dont 1,2 milliard pour des projets solaires et 800 millions pour l’hydrogène.
Des partenariats internationaux en hausse
Les start-up algériennes ne sont pas en reste. La jeune pousse Energia, incubée à l’Université des Sciences et de la Technologie d’Oran (USTO), a présenté un système de stockage d’énergie par batteries lithium-ion adapté aux conditions désertiques. « Nos tests montrent une durée de vie prolongée de 30 % par rapport aux solutions classiques, grâce à un système de refroidissement passif », explique son fondateur, Karim Benamara. Energia a levé 2 millions de dollars auprès d’investisseurs locaux et compte déployer ses batteries dans les wilayas du Sud dès 2026.
Défis logistiques et formation
La formation des compétences locales est un autre enjeu. L’École nationale polytechnique d’Alger (ENP) a annoncé lors du NAPEC la création d’un master en ingénierie de l’hydrogène, en partenariat avec l’Université de Stuttgart. « Nous avons besoin de 10 000 ingénieurs spécialisés d’ici 2030 pour accompagner la transition », a indiqué le recteur de l’ENP, Djamel Bouchaffra. Des programmes similaires sont en cours de déploiement à l’USTO et à l’Université de Boumerdès.
Focus sur l’hydrogène vert
Le NAPEC 2025 se clôturera le 10 octobre avec une visite des officiels sur le site de la future centrale solaire de Tindouf, d’une capacité de 300 MW. Ce projet, développé par Sonelgaz en partenariat avec l’émirati Masdar, devrait être opérationnel en 2027. « C’est un signal fort pour les investisseurs : l’Algérie passe des annonces aux réalisations », a commenté un analyste du cabinet Wood Mackenzie, présent à Oran.
D’après Le Jeune Indépendant et l’APS, le salon a généré des intentions d’investissement dépassant les 8 milliards de dollars, dont 3 milliards confirmés par des contrats signés. Une performance qui place l’Algérie comme un acteur clé de la transition énergétique en Afrique et en Méditerranée.