Mobilis Djezzy Ooredoo sanctionnés pour qualité défaillante

L’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) a infligé des sanctions financières aux trois opérateurs de téléphonie mobile en Algérie, Mobilis, Djezzy et Ooredoo, pour non-respect des normes de qualité de service. Cette décision, rendue publique récemment, intervient après une série de contrôles techniques menés sur l’ensemble du territoire national.

Selon le communiqué officiel de l’ARPCE, les opérateurs ont été épinglés pour des taux de coupures d’appels supérieurs aux seuils autorisés, des débits internet inférieurs aux engagements contractuels et des délais de rétablissement des services trop longs. Les sanctions, dont les montants n’ont pas été dévoilés, s’appliquent à des manquements constatés entre janvier et septembre 2024. L’ARPCE précise que ces mesures visent à « garantir aux citoyens un service conforme aux standards internationaux et aux obligations légales ».

Des utilisateurs en première ligne

Les opérateurs, eux, invoquent des contraintes techniques et une saturation des réseaux, aggravée par l’augmentation du trafic data. Djezzy et Ooredoo, qui ont enregistré une croissance à deux chiffres en 2024 selon Maghreb Émergent, peinent à adapter leurs infrastructures à la demande. Mobilis, opérateur public, est confronté à des retards dans le déploiement de la fibre optique et à des problèmes de maintenance.

L’ARPCE durcit le ton

Le régulateur exige désormais des opérateurs un plan de redressement sous 30 jours, incluant des investissements ciblés dans les zones urbaines et rurales. L’ARPCE a également annoncé le lancement d’une plateforme en ligne permettant aux utilisateurs de signaler en temps réel les dysfonctionnements, avec un suivi transparent des résolutions.

Réactions des opérateurs

Un secteur sous pression

Par ailleurs, le gouvernement algérien a récemment annoncé son intention de libéraliser partiellement le secteur, avec l’entrée potentielle d’un quatrième opérateur d’ici 2026. Une perspective qui pourrait bousculer l’équilibre actuel et pousser Mobilis, Djezzy et Ooredoo à accélérer leurs investissements.

Conséquences pour les citoyens

En attendant, les abonnés sont invités à signaler toute anomalie via le numéro vert mis en place par l’ARPCE ou sur la plateforme en ligne dédiée. Une mesure qui pourrait, à terme, responsabiliser davantage les opérateurs et restaurer la confiance des utilisateurs.

Cette affaire rappelle que le secteur des télécommunications, vital pour l’économie numérique du pays, reste un chantier prioritaire pour les autorités algériennes. Entre sanctions, investissements et concurrence accrue, les prochains mois s’annoncent décisifs.

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