Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a lancé cette semaine un concours externe pour recruter 684 agents en CDI. Une aubaine pour les jeunes diplômés ? Pas forcément. Pour les entrepreneurs et les porteurs de projets, cette annonce soulève des questions plus larges : comment concilier stabilité publique et dynamisme privé dans un marché de l’emploi saturé ?
Un recrutement ciblé, mais pas pour tous
Selon le communiqué officiel, les candidats doivent déposer leur dossier dès dimanche. Une procédure classique, mais qui reflète une tendance : l’État algérien mise sur des recrutements ciblés plutôt que sur une politique globale de l’emploi. Résultat ? Les jeunes diplômés en sciences sociales, droit ou travail social ont une chance, mais ceux en ingénierie, numérique ou commerce se retrouvent souvent à la porte.
Pour les entrepreneurs, cette sélectivité pose un problème : où trouver des talents quand les postes publics sont réservés à des filières précises ? Les secteurs porteurs (tech, agroalimentaire, énergie) peinent à attirer des profils qualifiés, alors que les concours publics captent une partie de l’offre.
L’État absorbe, le privé étouffe
Pour les créateurs d’entreprise, le risque est double :
1. Un déséquilibre des compétences : les diplômés en gestion, informatique ou marketing restent sur le carreau, alors que les secteurs privés en ont cruellement besoin.
2. Un effet d’aubaine limité : ces CDI dans la fonction publique offrent une sécurité, mais ne stimulent pas l’innovation. Les entrepreneurs algériens, déjà confrontés à un écosystème fragile, voient leurs équipes se réduire comme peau de chagrin.
Exemple concret : une PME dans le e-commerce algérien peinerait à recruter un chef de projet digital si les concours publics attirent les mêmes profils avec des salaires souvent plus attractifs. La concurrence est faussée.
La diaspora algérienne : un vivier sous-exploité
Les entrepreneurs de la diaspora misent sur des secteurs comme les énergies renouvelables, la fintech ou l’agrobusiness. Or, ces filières nécessitent des ingénieurs, des experts-comptables et des commerciaux – des profils rarement présents dans les concours publics actuels.
Une question se pose : pourquoi ne pas intégrer des passerelles entre ces concours et les besoins des startups ? Des pays comme le Maroc ou la Tunisie ont testé des dispositifs de mobilité entre secteur public et privé. En Algérie, rien de similaire n’existe.
À retenir pour les entrepreneurs
Sources
algerie360.com
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