5 milliards de dollars bloqués : la diaspora algérienne paie le prix d

Un trésor gelé : 5 milliards de dollars en attente

Ces montants, souvent destinés à des projets immobiliers, des investissements locaux ou des besoins familiaux, se heurtent à des procédures administratives alourdies. Les Algériens résidant en France, en Espagne ou au Canada rapportent des délais allant jusqu’à six mois pour débloquer leurs avoirs, contre quelques jours avant 2023. Le secteur informel, lui, a explosé : des réseaux parallèles proposent désormais des taux de change illégaux, mais avec un risque juridique accru.

L’État perd un levier économique crucial

Ensuite, l’Algérie rate une opportunité de relancer son économie. Les transferts de la diaspora financent déjà 12 % des importations annuelles, selon la Sonatrach. Si ces flux étaient mieux canalisés, ils pourraient soutenir des secteurs clés comme le tourisme, l’immobilier ou l’agroalimentaire. Pourtant, le gouvernement semble privilégier les partenariats avec des acteurs étrangers – comme les Saoudiens dans l’hôtellerie – plutôt que de faciliter l’accès des fonds diasporiques.

Les hôteliers misent sur Riyad… pendant que les Algériens attendent

Pourtant, les Algériens de l’étranger sont prêts à investir – mais sous conditions. Une étude de la Chambre de commerce d’Alger (CCI) révélée en 2025 montre que 70 % des expatriés seraient intéressés par des projets immobiliers ou touristiques, à condition d’obtenir des visas simplifiés et des garanties sur la convertibilité de leurs devises. Aujourd’hui, moins de 15 % d’entre eux concrétisent leurs projets en Algérie, contre 40 % avant 2023.

Le dilemme : importer ou investir ?

Or, les transferts de la diaspora pourraient combler une partie de ce trou. En 2024, les envois de fonds ont atteint 14 milliards de dollars, selon la Banque mondiale. Si seulement 30 % de ces montants étaient réinvestis localement, l’impact serait immédiat : réduction des importations, création d’emplois, et relance du secteur privé.

La diaspora, une force sous-exploitée

Pour les entrepreneurs algériens, le message est clair : sans réforme, les fonds de la diaspora continueront de fuiter vers d’autres destinations. L’Espagne et la France attirent déjà les Algériens avec des dispositifs fiscaux avantageux pour les non-résidents. Résultat : plus de 30 % des transferts vers l’Algérie transitent désormais par des comptes offshore, selon des données internes de la Banque d’Algérie.

À retenir pour les entrepreneurs

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