Un escroc de Chlef a disparu avec 17 milliards de centimes après avoir promis des voitures importées qui n’existaient pas. Son arrestation révèle un réseau d’arnaques ciblant les entrepreneurs et la diaspora algérienne, tandis que l’État renforce ses contrôles sur les importations. Voici comment ces fraudes menacent les affaires et quelles mesures adopter pour s’en protéger.
Un système d’arnaque rodé : promesses de voitures, disparitions de fonds
Le suspect, un homme de 37 ans, a séduit ses victimes en leur vendant des véhicules étrangers qu’il ne livrait jamais. Selon la Sûreté de wilaya de Chlef, il a encaissé des sommes allant jusqu’à 17 milliards de centimes auprès de 18 personnes, dont des particuliers et des micro-entrepreneurs. Son modus operandi ? Des contrats signés pour des voitures importées, suivis de promesses de livraison… jamais tenues.
Les enquêteurs ont aussi découvert un second dossier : une tentative de vente de bétail évaluée à 9 millions de centimes, jamais finalisée. Les victimes, souvent des commerçants ou des membres de la diaspora algérienne cherchant à investir, se retrouvent sans marchandises ni remboursement.
Pourquoi cette affaire fait-elle trembler les entrepreneurs ?
Les escroqueries en importation ciblent particulièrement les secteurs où les délais et les coûts sont élevés : automobiles, électroménager, produits alimentaires. Les fraudeurs exploitent la méfiance des banques algériennes envers les importations parallèles et la difficulté pour les petits opérateurs à vérifier la solvabilité de leurs partenaires.
L’État crée un comité d’urgence pour filtrer les importations
Face à cette recrudescence de fraudes, le gouvernement a réagi en instaurant un comité permanent chargé d’examiner toutes les demandes d’importation, via le décret exécutif 26/327. Présidé par le ministre du Commerce extérieur, ce groupe réunit aussi le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque d’Algérie et des représentants du secteur bancaire.
Quels changements pour les entrepreneurs ?
1. Un traitement prioritaire pour les produits sensibles : Les demandes liées à des secteurs stratégiques (pharmacie, énergie, denrées alimentaires) seront examinées en urgence.
2. Un contrôle renforcé des opérations : Chaque importation devra justifier son besoin et sa source de financement, ce qui devrait limiter les arnaques.
3. Une traçabilité accrue : Les banques et les douanes auront accès à une base de données centralisée pour vérifier la légitimité des transactions.
Attention aux délais : Les opérateurs doivent désormais prévoir un temps supplémentaire pour obtenir les autorisations, surtout s’ils importent des biens non essentiels.
Diaspora algérienne : comment éviter les pièges des faux importateurs ?
Les membres de la diaspora, souvent à l’origine de projets d’importation pour ravitailler leur famille ou leur région, sont particulièrement exposés. Voici les signaux d’alerte à surveiller :
– Des promesses trop belles pour être vraies : « Voitures à prix d’usine », « livraison sous 15 jours », « garantie sans risque ».
– L’absence de contrat écrit ou de référence vérifiable : Un vrai fournisseur étranger peut fournir des preuves de son activité (site web, numéro de SIRET, avis clients).
– Les demandes de paiement en espèces ou via des circuits parallèles : Les escrocs évitent les traces bancaires pour faciliter la fuite des fonds.
Que faire en cas de doute ?
– Vérifier les autorisations : Le comité nouvellement créé peut aider à authentifier un partenaire (contact via le ministère du Commerce).
– Privilégier les canaux officiels : Les importations via des sociétés algériennes enregistrées (avec numéro de TVA) sont moins risquées.
– Se méfier des « intermédiaires bienfaiteurs » : Certains fraudeurs se présentent comme des « connaissances » ou des « associations » pour inspirer confiance.
À retenir pour les entrepreneurs
Les escroqueries en importation coûtent des milliards chaque année, mais le nouveau comité gouvernemental devrait réduire les risques. Pour les entrepreneurs, la règle d’or reste : ne jamais verser d’argent sans contrat signé, garanties bancaires et vérification des autorisations. La diaspora doit aussi privilégier les partenariats avec des acteurs locaux enregistrés pour éviter les arnaques. Les fraudeurs ciblent les failles du système – les renforcer collectivement est la meilleure défense.
Sources
algerie360.com
lejourdalgerie.com
algeriepatriotique.com
Sources
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