Le projet de ligne ferroviaire reliant l’extrême Sud algérien à Alger, porté par le CNRC et soutenu par le président Abdelmadjid Tebboune, pourrait injecter un souffle nouveau dans l’économie nationale. Avec un investissement estimé à 12 milliards de dollars, cette infrastructure s’annonce comme un levier majeur pour réduire les coûts logistiques et ouvrir des opportunités inédites pour les entrepreneurs, les PME et la diaspora algérienne.
Un coût pharaonique qui divise les économistes
Pour les entrepreneurs, cette réduction des délais pourrait signifier une baisse des coûts de transport. Aujourd’hui, une tonne de marchandises transportée par route entre Béchar et Alger coûte entre 80 000 et 120 000 dinars. Avec le rail, ce coût pourrait chuter de 30 à 50 %, selon des estimations de la CNRC.
La logistique, un secteur en pleine mutation
Pour les PME algériennes, spécialement celles des régions du Sud (Adrar, Béchar, Tindouf), cette ligne pourrait devenir un game-changer. Les exportateurs de dattes, d’agrumes ou de produits agricoles vers l’Europe ou le Maghreb gagneraient en compétitivité. Un exemple : les dattes de Béchar, exportées vers l’Allemagne ou les Émirats, pourraient arriver deux fois plus vite et à moindre coût.
La diaspora algérienne, un acteur clé à mobiliser
Des initiatives comme celles de l’Association des Entrepreneurs Algériens en Europe (AEAE) montrent que la diaspora est prête à investir. En 2025, plusieurs membres de cette association ont exprimé leur intérêt pour des projets ferroviaires en Algérie, notamment dans le transport de conteneurs et le e-commerce transfrontalier.
Risques et défis à anticiper
Un autre défi : l’intégration des petites entreprises locales. Sans formation et accompagnement, les PME risquent de ne pas profiter pleinement de cette révolution logistique. Des programmes comme ceux de l’Agence Nationale pour le Développement des PME (ANDP) pourraient être renforcés pour aider les entrepreneurs à se préparer.
Un effet d’entraînement sur d’autres secteurs
Les secteurs du tourisme et de l’énergie pourraient aussi en bénéficier. Les touristes algériens ou étrangers se rendant dans le Sud (comme à Tamanrasset ou Djanet) gagneraient en mobilité. Pour les entreprises pétrolières (comme SONATRACH) ou gazières (Sonelgaz), le transport de matériel lourd vers les sites d’extraction deviendrait plus efficace.
À retenir pour les entrepreneurs
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