Walid Sadi réforme la FAF après son élection

La Fédération Algérienne de Football (FAF) a entamé une série de changements structurels sous la direction de son nouveau président, Walid Sadi, élu en octobre 2023. Depuis sa prise de fonction, Sadi a multiplié les annonces et les décisions visant à moderniser l’institution et à redresser le football national, marqué par des performances en dents de scie et des crises internes répétées.

Une gouvernance recentrée sur la transparence
Selon DZfoot, l’une des premières mesures de Walid Sadi a été de revoir la composition des commissions techniques et administratives de la FAF. Le nouveau président a dissous plusieurs instances jugées inefficaces ou trop politisées, remplaçant leurs membres par des experts reconnus dans le domaine sportif. Parmi les noms cités figurent celui de Mustapha Djellit, ancien directeur technique national, rappelé pour superviser la formation des jeunes talents, et de Samir Zaoui, ex-international, chargé de la coordination entre les clubs et la sélection nationale.

Sadi a également annoncé la création d’une cellule de lutte contre la corruption au sein de la FAF, en collaboration avec l’Office Central de Répression de la Corruption (OCRC). Cette initiative intervient après des années de rumeurs et d’enquêtes sur des irrégularités dans l’attribution des licences aux clubs ou dans l’organisation des compétitions locales. « La FAF doit être un exemple de probité. Nous ne pouvons plus tolérer les pratiques qui minent la crédibilité de notre football », a déclaré Sadi lors d’une conférence de presse tenue à Alger en novembre 2023.

Réforme des compétitions locales et relance des infrastructures
La Coupe d’Algérie 2025-2026, dont le calendrier a été publié par Eurosport, sera l’un des premiers tests pour la nouvelle direction. Walid Sadi a imposé un format revu, avec une phase préliminaire élargie pour inclure davantage de clubs des ligues régionales, dans le but de dynamiser le football amateur. Les matchs se dérouleront dans des stades rénovés, une priorité pour la FAF. Le stade du 5-Juillet à Alger et celui de Baraki, récemment inauguré, seront les principaux sites des rencontres, mais des travaux sont également prévus dans des villes comme Oran, Constantine et Annaba.

La FAF a aussi signé un partenariat avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour la construction de centres de formation régionaux. Le premier d’entre eux, situé à Sétif, doit ouvrir ses portes en 2025. « Nous voulons offrir aux jeunes joueurs algériens les mêmes conditions que celles des académies européennes. Cela passe par des infrastructures de qualité et un encadrement professionnel », a expliqué Sadi dans une interview accordée à Afrik.

Sélection nationale : une approche scientifique
La gestion de l’équipe nationale, les Fennecs, est un autre dossier prioritaire. Après l’élimination précoce de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023, la pression était forte sur la FAF pour repenser la préparation des joueurs. Walid Sadi a nommé un staff technique entièrement renouvelé, avec à sa tête le Belge Hugo Broos, dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2026. Broos, qui avait mené le Cameroun au titre de la CAN en 2017, a insisté sur l’importance d’une approche scientifique dans la préparation physique et tactique des joueurs.

La FAF a également investi dans un centre de données dédié à la performance des joueurs algériens évoluant à l’étranger. Ce projet, développé en collaboration avec la société algérienne Condor, permettra de suivre en temps réel les statistiques des internationaux, comme Mohamed Amoura (Union Saint-Gilloise) ou Riyad Mahrez (Al-Ahli), afin d’optimiser leur intégration en sélection. « Nous ne pouvons plus nous contenter d’appeler les joueurs au dernier moment. Il faut une continuité dans le suivi, comme le font les grandes nations footballistiques », a souligné Broos lors d’une réunion avec les médias algériens.

Un calendrier chargé et des défis immédiats
La CAN 2025, prévue en juin et juillet, sera le premier grand rendez-vous pour la nouvelle équipe dirigeante. Les Fennecs, qualifiés d’office en tant que pays hôte, affronteront des adversaires relevés, comme le Nigeria en quarts de finale, selon le programme publié par Le Parisien. La désignation de l’arbitre sud-africain Victor Gomes, élu meilleur arbitre africain en 2024, pour diriger ce match, a été saluée par la FAF comme un gage de professionnalisme.

Cependant, les défis restent nombreux. Les incidents survenus après la victoire de l’Algérie contre la RD Congo lors de la CAN 2023, rapportés par Le360 Sport, ont montré que la discipline des joueurs et du staff reste un sujet sensible. Walid Sadi a réagi en instaurant un code de conduite strict pour les internationaux, avec des sanctions financières en cas de comportement inapproprié. « Les joueurs représentent l’Algérie. Ils doivent être des ambassadeurs, pas des sources de polémique », a-t-il martelé.

Un pari sur l’avenir
Le mandat de Walid Sadi s’inscrit dans une volonté de rupture avec les anciennes pratiques. Son élection, saluée par la Confédération Africaine de Football (CAF), a coïncidé avec une annonce majeure : l’Algérie et le Maroc organiseront conjointement la Coupe du Monde des Clubs en 2029, une première pour le continent. Selon Fennec Football, cette opportunité pourrait servir de levier pour accélérer les réformes et attirer des investissements dans le football algérien.

Pourtant, les attentes sont immenses. Les supporters algériens, habitués aux exploits des années 1980 et 1990, réclament un retour au premier plan continental et mondial. Walid Sadi en est conscient : « Nous avons les talents, les infrastructures et les moyens. Il ne manque que l’organisation et la rigueur. C’est ce que nous sommes en train de construire. » Reste à savoir si ces réformes porteront leurs fruits à temps pour la CAN 2025 ou si les résultats mettront plus de temps à se concrétiser.

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