Un écart criant avec le Maroc et l’Égypte
Pour les entrepreneurs et investisseurs, ce chiffre signifie une perte sèche de liquidités formelles. Les transferts formels pourraient financer des projets locaux, mais ils restent bloqués dans des circuits parallèles. Le marché informel, estimé à plusieurs milliards, prive l’économie d’une source de crédits et de capitalisation.
Marché noir et méfiance : les deux freins majeurs
Pour les créateurs d’entreprise, cette fuite des devises se traduit par un manque de fonds disponibles pour des prêts ou des investissements. Les banques algériennes, déjà prudentes, ont moins de ressources à allouer à l’économie réelle. Résultat : les PME et startups peinent à accéder à des financements externes, alors que la diaspora pourrait jouer un rôle clé.
Comment le Maroc et l’Égypte attirent-ils ces fonds ?
L’Algérie, elle, maintient un contrôle strict des changes et des taux de conversion. Les expatriés qui rapatrient des devises doivent souvent les échanger au taux officiel (déprécié), alors que le taux parallèle offre un meilleur rendement. Cette distorsion encourage la contrebande et les transferts clandestins.
Une opportunité manquée pour les entrepreneurs locaux
Pour les porteurs de projets, cela signifie une perte de leviers financiers. Les banques algériennes, déjà réticentes à prêter aux startups, pourraient s’ouvrir davantage si une partie de ces fonds transitaient par des canaux officiels. Des mécanismes comme des comptes spécifiques pour la diaspora, des taux de change avantageux ou des exonérations fiscales pourraient attirer ces capitaux.
Que pourrait faire Alger pour inverser la tendance ?
Une autre solution serait de s’appuyer sur les plateformes de fintech, comme celles utilisées au Maroc (Orange Money, Inwi Pay) ou en Tunisie (Chari). Ces outils permettent des transferts instantanés et à moindre coût, tout en formalisant les flux.
À retenir pour les entrepreneurs
La méfiance envers les banques algériennes s’enracine dans un contexte économique marqué par des réformes structurelles tardives.
Les taux de change officiels, déconnectés du marché réel, découragent les rapatriements formels.
Les entrepreneurs locaux subissent directement cette fuite des capitaux.
Un cercle vicieux pour les créateurs d’entreprise
Les PME et startups dépendent souvent de financements externes pour démarrer ou se développer.
L’accès au crédit reste limité, car les banques privilégient les secteurs traditionnels.
Sans liquidités, les projets innovants peinent à voir le jour ou à se pérenniser.
Que surveiller pour les acteurs économiques
Les annonces gouvernementales sur les réformes monétaires ou fiscales pourraient influencer les comportements.
L’évolution des taux de change parallèles et leur impact sur les transferts informels reste un indicateur clé.
Les initiatives des fintechs locales ou étrangères pourraient accélérer la formalisation des flux.
Une comparaison régionale révélatrice
Le Maroc et l’Égypte ont su créer des incitations pour attirer les fonds de la diaspora.
Des comptes dédiés, des exonérations ou des plateformes digitales simplifient les rapatriements.
L’Algérie pourrait s’inspirer de ces modèles pour réduire la fuite des capitaux.
Sources
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