Un investissement de 2 milliards de dinars pour contrôler les flux économiques
Pour les entrepreneurs locaux, cette infrastructure représente à la fois une opportunité et un risque. D’un côté, elle pourrait accélérer les procédures de dédouanement pour les PME exportatrices, notamment dans les secteurs agroalimentaire et textile, où Tizi Ouzou est un hub. De l’autre, les craintes d’un durcissement des contrôles fiscaux se multiplient. Depuis 2025, les Douanes algériennes ont intensifié leurs vérifications ciblées sur les transactions transfrontalières, avec une attention particulière portée aux importations de matières premières et aux exportations de produits finis vers l’Europe.
Fiscalité et entrepreneurs : qui paiera la note ?
Pour les créateurs d’entreprise, ces mesures peuvent freiner l’innovation. « Un entrepreneur qui veut importer des machines pour son usine se retrouve bloqué par des demandes de justificatifs supplémentaires, alors que ses concurrents marocains ou tunisiens n’ont pas ces contraintes », explique un cadre d’une PME de Tizi Ouzou. Les coûts logistiques et administratifs grèvent ainsi la compétitivité des entreprises locales, surtout face à la concurrence des pays voisins.
La diaspora algérienne en première ligne des contrôles
Les Douanes ciblent notamment :
– Les importations de véhicules d’occasion : Depuis 2025, les droits de douane sur les voitures importées par les Algériens de l’étranger ont été revus à la hausse, passant de 20 à 40 % selon l’âge du véhicule. Résultat : le marché parallèle a explosé, mais les risques de saisie aussi.
– Les envois familiaux de denrées alimentaires : Les limites de franchise (10 kg par an et par personne) sont désormais appliquées avec une rigueur inédite, avec des confiscations systématiques en cas de dépassement.
– Les investissements directs : Les fonds rapatriés par les Algériens de l’étranger pour créer une entreprise sont soumis à des vérifications approfondies, notamment pour éviter les montages fiscaux abusifs.
Pour les membres de la diaspora, ces mesures posent un dilemme : soit ils acceptent des coûts supplémentaires, soit ils détournent leurs flux vers des circuits moins transparents, mais plus risqués. « Beaucoup optent pour des intermédiaires en Tunisie ou au Maroc, où les procédures sont moins lourdes », confie un expert-comptable basé à Paris.
À retenir pour les entrepreneurs
Sources
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