Le ministre du Travail Mohamed Hattab a recentré l’attention sur les faiblesses structurelles de l’Office national d’appareillages et accessoires pour personnes handicapées (ONAAPH), avec une exigence claire : améliorer la qualité des services pour créer des opportunités économiques et sociales durables. Une décision qui interroge directement les entrepreneurs algériens, les créateurs d’entreprise et la diaspora, tous concernés par un marché encore sous-exploité malgré son potentiel.
Un marché de 2 millions de personnes, mais des prestations en retard
L’Algérie compte officiellement 2 millions de personnes en situation de handicap, selon les dernières estimations du ministère du Travail. Pourtant, l’ONAAPH, chargé de leur fournir des appareils médicaux et des accessoires adaptés, peine à répondre aux besoins. Les retards de livraison, la qualité médiocre des produits et l’inefficacité des circuits de distribution sont des problèmes récurrents, comme l’a souligné Hattab lors de sa réunion de coordination.
Pour les entrepreneurs locaux, ce dysfonctionnement représente une opportunité et un risque. D’un côté, le secteur médical et paramédical reste sous-équipé, avec une demande croissante pour des solutions innovantes. De l’autre, les lenteurs administratives et la méfiance des usagers envers les services publics peuvent freiner les investissements. « Les entrepreneurs qui misent sur l’inclusion doivent anticiper ces obstacles », note un expert en économie sociale. Les startups spécialisées dans les technologies d’assistance (prothèses connectées, mobilité adaptée) pourraient tirer leur épingle du jeu, mais à condition de contourner les lourdeurs de l’ONAAPH.
L’emploi des personnes handicapées : un levier économique sous-utilisé
L’un des enjeux majeurs évoqués par Hattab concerne l’intégration professionnelle des personnes handicapées. Pourtant, seulement 3 % d’entre elles occupent un emploi en Algérie, un taux parmi les plus bas de la région. L’ONAAPH pourrait jouer un rôle clé en facilitant l’accès aux équipements nécessaires pour travailler, mais ses services actuels ne répondent pas aux attentes des entreprises.
Pour les créateurs d’entreprise, cela signifie une double chance : d’abord, développer des solutions sur mesure pour les travailleurs handicapés (logiciels adaptés, espaces ergonomiques, formations ciblées). Ensuite, bénéficier d’aides publiques si leurs projets intègrent des clauses d’insertion. Le ministère du Travail a récemment assoupli certaines conditions pour les PME engagées dans l’économie inclusive, mais les démarches restent complexes. « Les entrepreneurs doivent se renseigner auprès des chambres de commerce locales pour éviter les pièges », conseille une responsable du réseau Entrepreneurs sans Frontières Algérie.
La diaspora algérienne : un réservoir de compétences à mobiliser
Les Algériens de l’étranger, nombreux dans les secteurs médicaux et technologiques (France, Canada, Allemagne), pourraient apporter des réponses concrètes aux faiblesses de l’ONAAPH. Plusieurs d’entre eux ont déjà lancé des projets transnationaux dans la santé, comme des plateformes de téléconsultation ou des fabricants d’orthèses sur mesure.
Hattab a évoqué lors de sa réunion la nécessité de « renforcer les partenariats avec la diaspora pour moderniser les services ». Une piste à explorer pour les entrepreneurs algériens souhaitant collaborer avec des experts à l’étranger. Les mécanismes de financement existent (aides à l’innovation, fonds mixtes Algérie-Europe), mais leur accès dépend souvent de la capacité à monter des dossiers solides et à prouver l’impact social du projet.
À retenir pour les entrepreneurs
Le secteur de l’inclusion et des technologies pour personnes handicapées offre un marché porteur en Algérie, mais les délais administratifs et la qualité variable des services publics restent des freins. Les entrepreneurs doivent cibler des niches précises (mobilité, santé connectée) et s’appuyer sur les réseaux de la diaspora pour contourner les obstacles. Les aides publiques existent, mais leur obtention exige une préparation rigoureuse.
Sources
lejourdalgerie.com
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