L’Algérie mise sur l’entrepreneuriat inclusif pour les personnes handicapées

L’Algérie renforce ses efforts pour intégrer les personnes en situation de handicap dans le tissu économique à travers des initiatives d’entrepreneuriat inclusif. Selon UNDP, ces programmes visent à transformer les défis liés au handicap en opportunités professionnelles, en s’appuyant sur des partenariats publics et privés. Une dynamique qui pourrait redéfinir les modèles d’insertion sociale et économique dans le pays.

Un écosystème en construction

Les chiffres officiels, bien que parcellaires, révèlent une réalité contrastée. Selon des données citées par UNDP, seulement 15 % des personnes en situation de handicap en Algérie occupent un emploi formel, contre une moyenne nationale de 40 %. Cette disparité s’explique en partie par des barrières structurelles : manque d’accessibilité des locaux professionnels, préjugés persistants et méconnaissance des compétences de cette population. Pourtant, des exemples concrets démontrent que ces obstacles peuvent être surmontés.

Des modèles inspirants

Autre exemple, celui de l’association El Amel à Oran, qui forme des jeunes handicapés aux métiers du numérique. Soutenue par UNDP, cette structure a permis à une vingtaine de bénéficiaires de lancer leur propre activité en ligne, notamment dans le e-commerce et la conception graphique. « Le numérique offre une opportunité unique, car il réduit les contraintes physiques liées à certains handicaps », précise la directrice de l’association, Fatima Zohra M.

Le rôle clé des institutions

Pour pallier ces lacunes, UNDP a lancé en 2024 un programme pilote dans trois wilayas (Alger, Oran et Constantine) visant à former 500 entrepreneurs handicapés d’ici 2026. Ce projet inclut des ateliers de gestion, un accès privilégié aux microcrédits et un accompagnement pour répondre aux appels d’offres publics. « L’objectif n’est pas seulement de créer des emplois, mais de changer les mentalités », souligne un responsable du programme.

Des défis persistants

Pourtant, les retombées économiques et sociales de ces initiatives pourraient être significatives. Selon une étude de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), chaque dollar investi dans l’inclusion des personnes handicapées génère un retour de 3 à 5 dollars pour l’économie nationale. En Algérie, où le secteur informel pèse près de 40 % du PIB, l’entrepreneuriat inclusif pourrait aussi contribuer à formaliser une partie de cette économie souterraine.

Vers une approche systémique

En Algérie, des signes encourageants émergent. Des incubateurs spécialisés, comme celui de l’Université de Blida, commencent à intégrer des modules dédiés aux entrepreneurs handicapés. De même, des entreprises comme NCA Rouiba ou Condor Electronics ont lancé des programmes de recrutement ciblés, en partenariat avec des associations.

L’enjeu est désormais de passer à l’échelle. Comme le résume un rapport récent de UNDP, « l’entrepreneuriat inclusif n’est pas une option, mais une nécessité pour construire une économie résiliente et équitable ». Reste à savoir si les moyens suivront les ambitions affichées.

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