Les règles douanières ont changé en Algérie. Depuis janvier 2026, tout voyageur – résident ou non – doit déclarer par écrit toute somme supérieure à 1 000 euros à l’entrée et à la sortie du territoire. Une mesure qui touche directement les entrepreneurs, les travailleurs indépendants et la diaspora algérienne, souvent en déplacement pour des raisons professionnelles ou familiales.
Pourquoi cette obligation ? Comment l’appliquer sans se faire piéger ? Et quels risques encourent ceux qui ne respectent pas ces nouvelles consignes ? Une analyse pour y voir clair, avant que les contrôles ne se durcissent.
Des devises sous surveillance, même pour les professionnels
La loi de finances 2026 a élargi le champ des contrôles douaniers. Désormais, les billets, métaux précieux (or, argent) et pierres précieuses doivent être déclarés par écrit dès qu’ils dépassent 1 000 euros. Une règle qui s’applique aussi bien aux Algériens de l’étranger qu’aux entrepreneurs locaux.
Pour les travailleurs indépendants ou les auto-entrepreneurs, cela peut devenir un casse-tête. Un freelance revenant d’un salon professionnel à Dubai avec 1 200 euros en cash pour ses dépenses doit les déclarer. Même chose pour un artisan algérien rentrant d’un voyage en Turquie avec des bijoux en or achetés pour son stock.
Le piège ? Les agents des douanes peuvent exiger une déclaration écrite même pour des montants inférieurs, s’ils estiment que les sommes ont un caractère commercial. Un risque accru pour ceux qui transportent des marchandises ou des fonds pour leur activité.
La diaspora algérienne en première ligne
Les Algériens de l’étranger sont les plus touchés. Beaucoup envoient régulièrement des fonds à leur famille ou investissent dans des projets locaux. Avec la nouvelle règle, chaque voyageur doit justifier l’origine des devises à la sortie du territoire.
Exemple concret :
Un ingénieur algérien travaillant en France et envoyant 1 500 euros par mois à sa mère doit désormais conserver une trace écrite de ces transferts. À son retour en Algérie, il devra présenter un justificatif (relevé bancaire, contrat de travail) pour prouver que ces fonds ne sont pas issus d’une activité illégale.
Problème : Beaucoup de travailleurs informels ou de petits entrepreneurs n’ont pas ces documents à portée de main. Résultat ? Des retards aux frontières, voire des saisies en cas de contrôle approfondi.
Que risque-t-on en cas de non-déclaration ?
Les sanctions sont lourdes. Selon le Code des douanes, toute somme non déclarée peut être confisquée. En cas de récidive ou de fraude avérée, les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 % de la valeur des fonds non déclarés.
Pour les entrepreneurs, cela peut représenter un coup dur. Un artisan revenant d’un voyage avec 2 000 euros en cash pour son activité pourrait perdre la moitié de cette somme. Pire : les douanes peuvent suspecter une activité illicite et lancer une enquête.
Bon à savoir :
– Les justificatifs de change (relevés bancaires, contrats) doivent être présentés à la sortie du territoire.
– Les métaux précieux (or, argent) sont aussi concernés : un voyageur transportant plus de 100 grammes d’or doit le déclarer.
À retenir pour les entrepreneurs
Les nouvelles règles douanières obligent les entrepreneurs à anticiper leurs déplacements. Pour éviter les mauvaises surprises :
1. Conservez tous les justificatifs (relevés bancaires, factures) prouvant l’origine des fonds.
2. Privilégiez les virements plutôt que le cash quand c’est possible.
3. Vérifiez les seuils avant chaque voyage (1 000 euros pour les devises, 100 grammes pour l’or).
Une négligence peut coûter cher. Mieux vaut prévoir que subir un contrôle.
Sources
algerie360.com
lejourdalgerie.com
jeune-independant.net
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