La diaspora algérienne perd 12 milliards de dollars par an : un trou noir pour l’économie et les entrepreneurs

1,8 milliard de dollars officiels, mais un marché noir bien plus lucratif

L’écart entre les statistiques officielles et la réalité du terrain est colossal. En 2016, l’Algérie figurait encore parmi les cinq premiers pays africains pour les transferts de diaspora. Aujourd’hui, elle n’est plus que onzième. Une chute qui s’explique en partie par la rigidité des canaux officiels, comme les bureaux de change ou les opérateurs agréés (Western Union, MoneyGram). Ces derniers appliquent des commissions élevées, parfois supérieures à 10%, ce qui décourage les envois. Résultat : les Algériens de l’étranger privilégient les alternatives moins chères, mais illégales.

Un manque à gagner qui étouffe les PME et les startups

Pire encore : ces flux informels renforcent la dépendance aux devises étrangères. Les entrepreneurs qui reçoivent ces fonds en euros ou en dollars doivent souvent les convertir sur le marché noir, où le taux est bien plus avantageux que celui officiel. Une pratique qui alimente la spéculation et fragilise la stabilité monétaire. Pour une startup en phase de levée de fonds ou une PME en besoin de liquidités, cette situation crée un environnement incertain. Les banques algériennes, déjà réticentes à financer les jeunes entreprises, hésitent encore plus face à des flux dont l’origine est floue.

La diaspora algérienne : un réservoir de talents et de capitaux sous-exploité

Certains pays, comme le Maroc avec son statut de résident étranger, ou la Tunisie avec des mesures d’exonération fiscale, ont su attirer leurs diasporas. L’Algérie, elle, manque encore de mécanismes incitatifs. Résultat : les Algériens de l’étranger investissent davantage dans l’immobilier à l’étranger (notamment en France ou au Canada) que dans leur pays d’origine. Une tendance qui prive le secteur du bâtiment et des services locaux de liquidités.

Comment inverser la tendance ? Trois pistes pour les entrepreneurs et les décideurs

2. Créer des incitations fiscales pour les investisseurs de la diaspora : Des exonérations temporaires ou des avantages douaniers pourraient encourager les Algériens de l’étranger à réinvestir localement. Le Maroc a montré l’exemple avec son statut de résident étranger, qui permet aux investisseurs de bénéficier d’une fiscalité avantageuse.

3. Développer des partenariats avec les diasporas : Plutôt que de voir ces transferts comme une simple source de devises, l’État pourrait les intégrer dans des projets concrets, comme des incubateurs pour startups ou des fonds d’investissement dédiés aux PME. Des initiatives comme la Bourse des Algériens de l’étranger, lancée en 2023, restent trop peu connues et sous-utilisées.

Sources
ObservAlgerie

À retenir pour les entrepreneurs
Les transferts de la diaspora algérienne représentent un levier financier sous-exploité pour les PME et les startups. Plutôt que de dépendre de circuits informels coûteux, les créateurs d’entreprise peuvent pousser pour des solutions officielles plus accessibles. Une opportunité à saisir alors que le gouvernement cherche à dynamiser l’économie locale.

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire