Les Douanes algériennes durcissent leur contrôle sur les commissionnaires en douane, une mesure qui pourrait réduire de 20 à 30% les surcoûts liés aux retards et aux erreurs administratives pour les entreprises. Une décision qui touche directement les PME, les grossistes et les opérateurs de la diaspora algérienne, souvent dépendants de ces intermédiaires pour leurs approvisionnements.
Une pratique interdite qui alourdissait les factures
Selon la note des Douanes datée du 21 septembre, cette méthode, surtout utilisée par des opérateurs de petite taille, provoquait des difficultés logistiques et des pertes financières. Les entreprises, notamment celles travaillant avec des produits périssables ou des matières premières critiques, subissaient des surcoûts estimés entre 5 et 10% sur leur facture globale.
Qui paie l’addition ? Les PME et la diaspora en première ligne
Pour les entrepreneurs de la diaspora, souvent actifs dans l’export ou la réimportation de produits finis, cette régulation arrive à point nommé. Beaucoup utilisaient ces intermédiaires pour contourner les contrôles stricts sur les changes, mais risquaient désormais des retards coûteux. « Si tu veux importer des équipements pour ton usine en Algérie, tu dois maintenant être plus rigoureux sur les délais et les documents. Ça réduit les risques, mais ça complexifie un peu les démarches », confie un entrepreneur franco-algérien basé à Paris.
Un coup de frein à la congestion des ports et aux gaspillages
Cette décision vise aussi à protéger les entreprises locales contre les pratiques abusives de certains commissionnaires, qui profitaient des failles du système pour facturer des frais cachés ou des pénalités injustifiées. « Certains intermédiaires gardaient les conteneurs en port pendant des semaines en prétextant des problèmes administratifs, puis réclamaient des frais supplémentaires pour les libérer », révèle un responsable du Syndicat des Importateurs Algériens.
Comment s’adapter ? Trois conseils pour les entrepreneurs
2. Choisir des commissionnaires agréés et transparents : Les opérateurs doivent privilégier des intermédiaires accrédités par les Douanes et capables de fournir des preuves de suivi en temps réel des conteneurs. Certains cabinets spécialisés, comme DHL Global Forwarding ou Kuehne+Nagel, proposent désormais des services avec des garanties de délais.
3. Anticiper les retards avec des stocks tampons : Pour les secteurs sensibles (pharmacie, agroalimentaire, BTP), il devient crucial de maintenir un stock de sécurité pour éviter les ruptures en cas de retard imprévu. Certaines PME algériennes commencent à négocier des contrats de stockage frigorifique avec des acteurs comme CMA CGM pour sécuriser leurs approvisionnements.
À retenir pour les entrepreneurs
Cette mesure des Douanes algériennes réduit les marges de manœuvre des commissionnaires peu scrupuleux, mais elle oblige les entreprises à plus de rigueur dans leurs processus d’importation. Les PME et les opérateurs de la diaspora doivent désormais collaborer avec des partenaires logistiques fiables et automatiser leur suivi douanier pour limiter les risques de surcoûts. À long terme, cette régulation pourrait baisser les coûts d’importation de 10 à 15%, un avantage non négligeable dans un contexte de rareté des devises.
Sources
tsa-algerie.com
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