Cette semaine, l’Algérie a lancé un programme ambitieux pour moderniser la formation professionnelle dans le secteur de la santé numérique. Le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a mis en place une initiative d’apprentissage mixte visant à renforcer les compétences des professionnels de santé dans les technologies digitales. Selon un communiqué de l’OMS publié récemment, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique du système de santé algérien.
Une approche innovante pour la santé numérique
Le programme repose sur une combinaison de formations en présentiel et à distance, adaptée aux besoins spécifiques des médecins, infirmiers et techniciens de santé. D’après l’OMS, cette méthode permet une flexibilité accrue et une meilleure accessibilité, notamment pour les professionnels exerçant dans des zones éloignées. Les modules couvrent des thèmes comme la télémédecine, la gestion électronique des dossiers patients et l’utilisation des outils d’intelligence artificielle en diagnostic.
Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a souligné lors d’une rencontre avec les responsables de l’OMS que cette initiative répond à un double objectif : améliorer la qualité des soins et réduire les inégalités d’accès aux services médicaux entre les wilayas. « La santé numérique n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir une couverture sanitaire équitable », a-t-il déclaré. Les premières sessions de formation ont déjà débuté dans plusieurs hôpitaux universitaires, dont ceux d’Alger, Oran et Constantine.
Des partenariats stratégiques pour une mise en œuvre efficace
L’OMS apporte un soutien technique et financier à ce projet, en mobilisant des experts internationaux et en fournissant des plateformes d’apprentissage en ligne. De son côté, le ministère de la Santé a désigné des référents dans chaque établissement pour assurer le suivi et l’évaluation des formations. Selon des sources proches du dossier, des accords similaires pourraient être signés avec d’autres organisations, comme l’Union européenne, pour élargir le champ des compétences enseignées.
Un volet particulier du programme cible les jeunes diplômés des écoles paramédicales privées, souvent confrontés à des difficultés d’insertion professionnelle. Une plateforme numérique, lancée en février 2026 par le ministère, recense ces profils pour les orienter vers des formations complémentaires en santé numérique. « Cette démarche permet de valoriser un vivier de compétences sous-exploité et de répondre aux besoins croissants du secteur », explique un responsable du ministère cité par Algerie Eco.
Des défis à relever pour une généralisation
Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Certains professionnels de santé, notamment les plus âgés, expriment des réticences face à l’adoption des nouvelles technologies. Pour y remédier, le ministère prévoit des sessions de sensibilisation et des démonstrations pratiques dans les établissements de santé. Par ailleurs, l’accès à une connexion internet stable reste un enjeu dans certaines régions, comme le Sud du pays. Des solutions alternatives, comme des formations en mode hors ligne, sont à l’étude.
Les résultats des premières évaluations, attendus d’ici la fin de l’année, détermineront les ajustements nécessaires. Si le bilan s’avère positif, le modèle pourrait être étendu à d’autres secteurs, comme l’agriculture ou l’industrie, où la digitalisation prend également de l’ampleur. Pour l’Algérie, cette initiative représente une étape clé dans sa stratégie de modernisation économique et sociale, en alignement avec les objectifs du plan quinquennal 2025-2029.