La Banque nationale d’Algérie (BNA) a lancé un crédit automobile halal promettant jusqu’à 90 % de financement sur 60 mois. Une annonce qui a enflammé les réseaux sociaux, mais qui révèle surtout l’échec structurel du secteur bancaire à financer les PME. Alors que les entrepreneurs algériens étouffent sous le manque de liquidités, ce produit phare ignore les besoins réels de l’économie réelle.
Un produit halal pour des voitures… introuvables
La BNA a dû préciser cette semaine qu’il n’y avait aucun stock de véhicules disponibles en Algérie. Les concessionnaires locaux, déjà en difficulté, ne peuvent pas répondre à la demande. Résultat : une opération marketing qui tourne au fiasco, tandis que les PME, elles, peinent toujours à obtenir des crédits pour investir.
Les PME algériennes toujours en quête de financements
Pire : selon la Banque mondiale, seulement 12 % des PME algériennes obtiennent un financement bancaire, contre 30 % en Tunisie ou au Maroc. La BNA et les banques commerciales justifient cette réticence par les risques de défaut. Mais les entrepreneurs pointent un autre problème : l’absence de produits adaptés à leurs besoins.
La diaspora algérienne : un vivier de fonds… mal orienté
Certains entrepreneurs de la diaspora tentent de contourner le problème en créant des plateformes de crowdfunding ou des fonds d’investissement. Mais sans cadre juridique stable et sans partenariats bancaires, ces initiatives restent marginales.
La BCEAO montre la voie : pourquoi pas l’Algérie ?
La BCEAO encourage les banques à prêter davantage aux PME, avec des taux en baisse et des garanties simplifiées. Résultat : les crédits au secteur privé ont progressé de 6,6 % en 2026, contre une stagnation en Algérie. Une différence majeure qui s’explique par une politique monétaire plus flexible et une meilleure coordination entre banques publiques et privées.
Que faire pour débloquer la situation ?
2. Un fonds de garantie public : Comme en Tunisie ou au Maroc, un mécanisme public pourrait couvrir une partie des risques pour les banques. Cela inciterait les établissements financiers à prêter davantage.
3. Impliquer la diaspora : Les transferts familiaux pourraient être orientés vers des fonds dédiés aux PME, avec des contreparties fiscales pour les investisseurs. Une piste déjà explorée par certains pays africains.
4. Simplifier les procédures : Les délais de traitement des dossiers de crédit en Algérie dépassent souvent 3 mois. Une réforme administrative pourrait accélérer les décisions, comme le fait la BCEAO dans la zone UEMOA.
À retenir pour les entrepreneurs
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