Le cinéma algérien entre dans une nouvelle ère. Nadia Meflah, figure incontournable du 7e art national, vient d’annoncer un projet pharaonique : la création d’une plateforme de production et de distribution dédiée aux réalisateurs locaux. Un investissement estimé à 50 millions de dinars (environ 400 000 euros), selon des sources proches du dossier. Mais derrière cette annonce, se pose une question cruciale pour les entrepreneurs et la diaspora : comment ces fonds seront-ils redistribués ? Et surtout, pourquoi le secteur cinématographique reste-t-il un désert pour les jeunes porteurs de projets algériens ?
Un investissement record… mais opaque pour les créateurs
Pourtant, les détails restent flous. 50 millions de dinars, c’est une somme colossale pour le cinéma algérien, mais où iront ces fonds ? Selon des sources du secteur, seulement 10 à 15% seraient directement alloués à des projets externes. Le reste servirait à couvrir les coûts fixes : salaires des équipes techniques, location de studios, marketing. Un modèle classique dans l’industrie, mais qui laisse peu de place aux entrepreneurs indépendants.
Le cinéma algérien : un marché de niche pour les entrepreneurs
Pour les entrepreneurs locaux, le cinéma reste un secteur à haut risque. Un réalisateur indépendant doit souvent avancer 80% du budget avant même le tournage, puis compter sur des retours incertains. Résultat : seulement 3 à 5 longs-métrages algériens sortent par an, contre une moyenne de 20 au Maroc. Pourtant, le potentiel est énorme. Le marché du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique du Nord est estimé à plus de 3 milliards de dollars par an, selon la Fédération Internationale des Cinéastes.
La diaspora algérienne : un vivier de talents sous-exploité
Nadia Meflah tente de changer la donne en proposant des partenariats avec des fonds européens, mais les procédures restent complexes. Pour un entrepreneur algérien de la diaspora, monter un projet en Algérie implique :
– Un visa de travail difficile à obtenir (sauf pour les résidents permanents).
– Des coûts logistiques élevés (hébergement, transport, assurances).
– Un manque de réseaux fiables pour trouver des partenaires locaux.
Les alternatives pour contourner le système
Le vrai défi : désengorger les bureaucraties
Nadia Meflah mise sur un guichet unique pour simplifier les démarches, mais son projet dépendra de l’appui des institutions publiques. Or, le CNC, dirigé par Abdelkader Benali, reste méfiant envers les initiatives privées. « On ne peut pas tout externaliser, il faut garder le contrôle sur la qualité artistique », a-t-il déclaré récemment à El Watan.
Et si l’Algérie devenait la "Nollywood du Maghreb" ?
Nadia Meflah a déjà annoncé des résidences d’artistes à Alger et Oran, mais sans chiffrer les budgets alloués. Si son projet aboutit, il pourrait attirer des talents de la diaspora et dynamiser un secteur aujourd’hui asphyxié.
À retenir pour les entrepreneurs
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