L’Algérie et l’Allemagne ont enregistré une progression notable de leurs échanges commerciaux, atteignant 1,4 milliard d’euros en 2025, selon un bilan publié par Just-InfoDZ. Ce chiffre, en hausse par rapport aux années précédentes, s’accompagne d’une volonté affichée des entreprises allemandes de renforcer leur présence sur le marché algérien. Une dynamique confirmée par les récentes déclarations relayées par L’Algérie Aujourd’hui, qui soulignent l’intérêt croissant de Berlin pour des partenariats dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, l’industrie automobile et les technologies vertes.
Des secteurs clés en ligne de mire
Les entreprises allemandes ciblent particulièrement trois domaines. D’abord, les énergies renouvelables, où l’Algérie cherche à diversifier son mix énergétique. Les projets de parcs solaires et éoliens, soutenus par des appels d’offres publics, attirent des acteurs comme Siemens Energy ou Nordex, déjà actifs dans la région. Ensuite, l’industrie automobile, avec des discussions en cours pour des usines de composants ou des centres de R&D, dans la foulée de l’accord entre Renault et le groupe algérien SNVI. Enfin, les technologies de l’hydrogène vert, un secteur émergent où l’Allemagne mise sur son avance technologique pour s’imposer comme partenaire privilégié.
Un cadre juridique en évolution
Cette offensive allemande intervient dans un contexte de réformes économiques en Algérie. La loi sur l’investissement de 2022, qui assouplit les règles de participation étrangère dans certains secteurs, a été un signal fort. Les autorités algériennes ont également simplifié les procédures douanières et fiscales pour les entreprises étrangères, comme l’a rappelé le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, lors d’un forum économique à Alger en mars 2026. Cependant, des obstacles persistent, notamment en matière de bureaucratie et de financement local. Les entrepreneurs allemands interrogés par L’Algérie Aujourd’hui pointent aussi la lenteur des décisions administratives, malgré les promesses d’accélération.
La diaspora algérienne, un relais sous-exploité
La communauté algérienne en Allemagne, estimée à plus de 300 000 personnes, pourrait jouer un rôle clé dans ces partenariats. Des initiatives comme le réseau Algerian-German Business Council, créé en 2023, visent à faciliter les contacts entre investisseurs des deux pays. Pourtant, selon une étude de la Chambre de commerce algéro-allemande, moins de 10 % des entrepreneurs de la diaspora sont impliqués dans des projets bilatéraux. Les raisons ? Un manque d’information sur les opportunités locales et une méfiance persistante envers les garanties juridiques en Algérie. Des plateformes comme Invest in Algeria, lancée par l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), tentent de combler ce fossé en proposant des guides pratiques et des webinaires ciblés.
Des projets concrets en gestation
Plusieurs accords ont été signés ces derniers mois. En juin 2026, le groupe Volkswagen a annoncé un partenariat avec le constructeur algérien Sovac pour la production de véhicules électriques à Oran. Dans le domaine des énergies, la société allemande Thyssenkrupp a finalisé un contrat pour la modernisation d’une usine de dessalement d’eau de mer à Skikda, en collaboration avec Sonatrach. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’Allemagne, qui cherche à réduire sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement asiatiques en diversifiant ses partenariats en Afrique du Nord.
Les défis à surmonter
Malgré ces avancées, des freins structurels subsistent. Le système bancaire algérien, encore peu ouvert aux financements étrangers, limite les capacités d’investissement des PME allemandes. Les délais d’obtention des visas pour les hommes d’affaires restent un sujet de tension, comme l’a souligné la Chambre de commerce allemande en Algérie dans une note interne. Par ailleurs, la concurrence des pays voisins, comme le Maroc ou la Tunisie, qui offrent des incitations fiscales plus agressives, pousse l’Algérie à accélérer ses réformes. Le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a récemment déclaré que des « mesures supplémentaires » seraient annoncées d’ici fin 2026 pour attirer davantage d’investisseurs.
Un potentiel inexploité
L’Algérie dispose d’atouts majeurs pour séduire les entreprises allemandes : une main-d’œuvre qualifiée, des ressources naturelles abondantes et une position géographique stratégique entre l’Europe et l’Afrique. Pourtant, selon la Banque mondiale, le pays n’attire que 1,2 % des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique du Nord, loin derrière le Maroc (45 %) et l’Égypte (30 %). Les experts estiment que ce retard pourrait être comblé en misant sur des secteurs à forte valeur ajoutée, comme les technologies médicales ou l’agro-industrie, où l’Allemagne excelle.
À retenir pour les entrepreneurs
L’Allemagne devient un partenaire industriel prioritaire pour l’Algérie, avec des opportunités dans les énergies renouvelables, l’automobile et l’hydrogène vert. Les réformes récentes facilitent l’implantation des entreprises étrangères, mais des obstacles administratifs persistent. La diaspora algérienne en Allemagne peut servir de pont pour accélérer les projets, à condition de mieux informer et accompagner les porteurs de projets.
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