L’Algérie monte en puissance sur le zinc

La mine de zinc de 170 000 tonnes par an change la donne

L’Algérie franchit une étape majeure dans son ambition de diversifier son économie hors hydrocarbures. Cette semaine, le pays a officiellement lancé l’exploitation d’une mine de zinc d’une capacité annuelle de 170 000 tonnes, située dans le sud du pays. Selon La Tribune, ce projet s’inscrit dans le cadre du plan national de développement des mines, piloté par le ministère de l’Énergie et des Mines. La Société nationale des mines et carrières (ENAMCO) a confirmé l’achèvement des infrastructures et la mise en production progressive depuis le début de l’année 2026.

Pour les entrepreneurs algériens, cette annonce représente une opportunité sans précédent. Le zinc, métal stratégique pour l’industrie sidérurgique et les énergies renouvelables, connaît une demande mondiale en forte croissance, notamment en Europe et en Asie. Selon les données de l’International Zinc Association, la production mondiale de zinc a atteint 13 millions de tonnes en 2025, avec une hausse annuelle de 2,5 %. L’Algérie, avec ses réserves estimées à plus de 10 millions de tonnes, devient ainsi un acteur clé sur le marché africain.

Un projet structurant pour l’industrie locale

Le site minier, situé dans la région de Tindouf, s’étend sur plusieurs milliers d’hectares et emploiera directement plus de 500 personnes à plein régime, selon ENAMCO. Le directeur général de l’entreprise, Mohamed El Hachemi, a précisé que la première phase de production fournira 50 000 tonnes dès 2026, avant d’atteindre la pleine capacité en 2027. Le minerai sera traité sur place dans une usine de transformation, évitant ainsi l’exportation de matière brute et ajoutant de la valeur localement.

Pour les PME et startups algériennes, ce projet ouvre des pistes de coopération. Les besoins en logistique, maintenance, et sous-traitance industrielle sont immédiats. Des entreprises spécialisées dans l’emballage, le transport ou la maintenance mécanique pourraient répondre aux appels d’offres lancés par ENAMCO. Par ailleurs, la création d’une filière zinc pourrait stimuler l’émergence de nouveaux acteurs dans les domaines de la métallurgie et des alliages.

Impact sur les exportations et la balance commerciale

D’après Algerie Eco, l’Algérie table sur des recettes à l’exportation estimées entre 300 et 400 millions de dollars par an à partir de 2028. Ces revenus, entièrement en devises, viendront renforcer les réserves de change du pays, historiquement dépendantes des hydrocarbures. Le zinc s’ajoute ainsi au cuivre, au fer et au phosphate, renforçant la stratégie de diversification économique portée par le gouvernement Tebboune.

Les exportations de minerais algériens pourraient également bénéficier de l’élargissement de la taxe carbone aux frontières européennes. Cette mesure, adoptée récemment par le Conseil européen, impose des droits supplémentaires sur les produits importés à forte intensité carbone. Pour les minerais, dont l’extraction et le transport génèrent des émissions, l’Algérie devra justifier de pratiques durables pour éviter des pénalités. Le ministère de l’Environnement a d’ailleurs annoncé cette semaine le lancement d’un audit environnemental des sites miniers, avec des normes alignées sur les exigences de l’Union européenne.

Opportunités pour la diaspora entrepreneuriale

La diaspora algérienne, forte de plus de 2 millions de personnes, pourrait jouer un rôle clé dans le développement de cette filière. Des entrepreneurs installés en Europe ou en Amérique du Nord, spécialisés dans les technologies minières ou la finance, pourraient investir dans des projets liés à l’exploitation ou à la commercialisation du zinc. Plusieurs initiatives de networking, comme celles organisées par l’Agence algérienne de promotion des investissements (AAPI), ont d’ailleurs mis en avant les opportunités dans le secteur minier lors de leur dernière édition à Montréal en 2025.

Pour les investisseurs de la diaspora, les avantages sont multiples : accès à un marché en croissance, partenariats avec des entreprises locales, et soutien des institutions algériennes via des dispositifs comme le Fonds national d’investissement (FNI). Le ministre des Mines, Youcef Yousfi, a souligné que les investissements étrangers dans le secteur minier étaient les bienvenus, à condition de respecter les règles de partenariat local (joint-ventures à 51 % pour les étrangers).

Défis à relever pour une intégration optimale

Malgré ces perspectives, des défis persistent. La logistique, notamment le transport depuis le sud du pays, reste un point de blocage. Les coûts de transport vers les ports méditerranéens (Oran, Arzew) pourraient peser sur la compétitivité du zinc algérien face à des concurrents comme l’Australie ou le Pérou. Le gouvernement a annoncé des investissements dans le ferroviaire et les routes transsahariennes, mais leur réalisation prendra encore plusieurs années.

Autre enjeu : la formation des compétences locales. ENAMCO collabore avec des centres de formation professionnelle, mais le secteur manque cruellement d’ingénieurs et de techniciens spécialisés. Des partenariats avec des universités françaises ou canadiennes pourraient accélérer la montée en compétences, comme cela a été fait pour le gaz de schiste dans les années 2010.

À retenir pour les entrepreneurs

L’exploitation du zinc en Algérie ouvre des opportunités immédiates pour les PME locales dans les secteurs de la sous-traitance industrielle, de la logistique et de la maintenance. Les entrepreneurs de la diaspora peuvent investir via des joint-ventures ou des fonds dédiés, avec un cadre réglementaire incitatif. Le zinc algérien devra cependant prouver sa compétitivité face aux normes environnementales européennes pour éviter des barrières commerciales. Les appels d’offres d’ENAMCO, attendus d’ici fin 2026, seront un premier test pour l’écosystème entrepreneurial national.

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