Biyouna s’éteint à 73 ans l’Algérie pleure son icône

L’Algérie a perdu l’une de ses figures culturelles les plus marquantes. Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, est décédée récemment à l’âge de 73 ans. L’actrice, chanteuse et humoriste, née le 13 mars 1952 à Belcourt (Alger), laisse derrière elle un héritage artistique inestimable qui a traversé les générations. Son décès, annoncé par plusieurs médias dont Serieously, a provoqué une vague d’émotion en Algérie et dans la diaspora.

Une carrière forgée entre Alger et Paris

En France, où elle a vécu une partie de sa vie, Biyouna a également laissé une empreinte durable. Elle a collaboré avec des réalisateurs comme Philippe Faucon (Dans la vie, 2007) et a participé à des productions télévisuelles, dont la série Plus belle la vie. Son parcours, à cheval entre l’Algérie et la France, a fait d’elle une ambassadrice culturelle, capable de toucher des publics variés.

Une voix unique pour les femmes algériennes

Son style, mêlant tradition et modernité, a également influencé la musique algérienne. Elle a interprété des chansons populaires, comme Ya Rayah, tout en modernisant les rythmes chaâbi. Son approche audacieuse a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes féminines, désireuses de briser les tabous.

L’hommage national et les réactions

À Alger, des fans se sont rassemblés devant le Théâtre national algérien (TNA) pour lui rendre un dernier hommage. Des extraits de ses spectacles ont été diffusés en boucle sur les chaînes de télévision algériennes, tandis que les radios ont programmé ses chansons les plus célèbres. En France, des associations culturelles algériennes ont organisé des veillées en sa mémoire, notamment à Paris et Marseille.

Un héritage qui dépasse les frontières

Son décès intervient à un moment où l’Algérie cherche à valoriser son patrimoine culturel. Des initiatives comme le Festival international du film d’Alger (FIFA) ou le Salon international du livre d’Alger (SILA) mettent en lumière des artistes locaux, mais Biyouna, elle, n’avait pas besoin de ces plateformes pour briller. Elle était déjà une institution.

Que reste-t-il de Biyouna ?

Des projets de rétrospectives de son œuvre sont déjà évoqués. Le Centre national du cinéma et de l’audiovisuel (CNCA) a annoncé qu’une exposition lui serait consacrée en 2026, en collaboration avec des archives françaises. Des documentaires sur sa vie sont également en préparation, selon des sources proches de sa famille.

Une perte pour la culture algérienne

Son parcours, marqué par la résilience et la créativité, reste une source d’inspiration. En Algérie, où le cinéma et le théâtre peinent parfois à trouver leur public, Biyouna a prouvé qu’une artiste pouvait à la fois divertir et faire réfléchir. Son absence laisse un vide, mais son œuvre, elle, continue de vivre.

Laisser un commentaire