Le Sénat alerte sur la commande publique algérienne

Le Sénat a récemment publié un recueil de comptes rendus intitulé « L’urgence d’agir pour éviter la sortie de route : Piloter la commande publique au service de la souveraineté économique », mettant en lumière les dysfonctionnements et les risques liés à la gestion des marchés publics en Algérie. Selon le document, ces lacunes menacent directement la souveraineté économique du pays et freinent le développement des petites et moyennes entreprises (PME) locales.

Un levier sous-exploité pour l’économie nationale

Les chiffres avancés, bien que non détaillés dans le document, révèlent une part insuffisante des PME dans l’obtention des contrats publics. Pourtant, ces entreprises constituent un maillon essentiel pour la diversification économique, notamment dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des technologies.

Des obstacles structurels persistants

Un autre problème majeur réside dans l’absence de critères clairs pour évaluer les offres. Selon Sénat, les appels d’offres privilégient parfois des critères de prix au détriment de la qualité ou de l’origine des produits, ce qui avantage les entreprises étrangères capables de proposer des tarifs plus bas. Cette logique contredit les objectifs de souveraineté économique, notamment dans des secteurs sensibles comme l’énergie, la santé ou l’agroalimentaire.

Vers une réforme des marchés publics

Le document suggère également de simplifier les procédures pour les petites structures, en réduisant les formalités administratives et en accélérant les délais de paiement. Une plateforme numérique centralisée pourrait faciliter l’accès aux appels d’offres et améliorer la transparence des attributions.

Un enjeu de souveraineté économique

Le rapport cite en exemple des pays ayant réussi à utiliser les marchés publics pour stimuler leur industrie, comme le Maroc avec son plan d’accélération industrielle ou la Tunisie avec ses incitations aux PME. En Algérie, une telle approche nécessiterait une coordination renforcée entre les ministères, les institutions publiques et le secteur privé.

Des recommandations pour une action immédiate

Une autre mesure phare concerne la formation des acteurs impliqués dans la commande publique. Selon le document, les responsables des appels d’offres et les entrepreneurs manquent souvent de compétences pour naviguer dans ce système complexe. Des programmes de formation ciblés pourraient améliorer la qualité des offres et réduire les risques de corruption.

Un appel à la mobilisation des acteurs

Du côté des institutions, le Sénat appelle à une volonté politique forte pour réformer le système. Sans cela, l’Algérie risque de continuer à importer des biens et services qu’elle pourrait produire localement, avec des conséquences directes sur sa balance commerciale et sa stabilité économique.

La publication de ce rapport intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à relancer son économie après des années de dépendance aux hydrocarbures. La commande publique, si elle est bien pilotée, pourrait devenir un moteur de cette transition, à condition que les recommandations soient suivies d’effets.

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