Revue de presse : E-commerce Algérie, Diaspora entrepreneur Algérie, C

La semaine a été marquée par des évolutions sur trois axes : renforcement du cadre légal pour les entreprises, ouverture progressive aux financements alternatifs, et incitations ciblées pour la diaspora. Trois lois et projets en cours – sur les services de confiance pour l’e-commerce, les statuts juridiques locaux, et les conditions de création à distance – structurent ce mouvement. Parallèlement, les alternatives au crédit bancaire (crédit-bail, affacturage) gagnent en visibilité, tandis que les acteurs publics (ANGEM, ANADE) ajustent leurs dispositifs. Les chiffres disponibles (15 000 inscriptions au registre ambulant, 200 millions de dollars pour le catalogue de Britney Spears comme actif financier) illustrent une semaine où l’économie réelle et les projets internationaux s’entrecroisent sans annonce spectaculaire.

Cadre légal : e-commerce et statuts juridiques en chantier

Le projet de loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques, présenté par Algérie Presse Service, vise à sécuriser les échanges en ligne. Les critères de fiabilité des prestataires et les procédures de certification restent à préciser, mais l’objectif affiché est de réduire les risques pour les e-commerçants et les consommateurs. Ce texte s’inscrit dans une logique de stabilité juridique pour attirer les investisseurs, alors que le marché local du e-commerce a progressé de 20 % en volume en 2023 selon des estimations sectorielles non confirmées par les institutions.

Côté statuts juridiques, la 4ème rencontre Gouvernement-Walis a acté le transfert de l’octroi du foncier industriel aux walis dès 2026. Cette décentralisation pourrait accélérer les délais pour les SARL et micro-entreprises, mais les critères d’attribution (critères économiques, zones prioritaires) ne sont pas encore publiés. Par ailleurs, les walis supervisent actuellement les célébrations de la Journée nationale de la commune, un exercice symbolique qui coïncide avec des annonces locales sur les aides aux petites structures.

Financements : alternatives au crédit bancaire et appels aux PME

La Direction générale des impôts (DGI) a publié une circulaire sur la retenue à la source en matière de TVA, applicable dès 2026. Pour les SARL et PME, cela signifie une gestion anticipée des flux de trésorerie, avec un impact direct sur les fiches de paie dans le BTP (exemples fournis pour ouvriers, ETAM et congés payés). Les rétrocessions de TVA pourraient être différées, ce qui impose aux entreprises de réévaluer leurs budgets prévisionnels.

Côté financement, le crédit-bail et l’affacturage gagnent du terrain. Selon des sources professionnelles, 12 % des PME y ont recours en 2024, contre 8 % en 2022. Les montants mobilisés via le marché financier (obligations, private equity) restent faibles en volume absolu (moins de 50 milliards de dinars cumulés sur les 12 derniers mois), mais leur croissance annuelle est de 7 %, portée par les fonds souverains et les investisseurs institutionnels. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient (blocus du détroit d’Ormuz) sont citées comme un facteur de diversification des flux commerciaux, bien que sans impact mesurable sur les volumes algériens pour l’instant.

Diaspora : création à distance et appels ciblés

Le gouvernement algérien a annoncé la possibilité pour la diaspora de créer une entreprise en Algérie à distance, sans préciser les modalités pratiques. Cette mesure s’ajoute à l’appel aux talents lancé lors d’un événement à Charleroi, où des entrepreneurs algériens ont évoqué les obstacles réglementaires et fiscaux persistants. Aucun chiffre n’a été communiqué sur le nombre de projets envisagés, mais les secteurs ciblés (tech, agroalimentaire, services) correspondent aux priorités du Plan d’action pour l’emploi des jeunes (2024-2025).

Par ailleurs, les opportunités entrepreneuriales mises en avant (incubateurs, fonds d’innovation) se heurtent à des réalités locales : les startups algériennes ont levé 80 millions de dollars en 2023, selon un rapport non publié par les autorités, mais seulement 15 % de ces fonds proviennent d’investisseurs locaux. Le projet d’incubateur et de fonds tech annoncé par Emmanuel Macron lors de sa visite en Algérie s’inscrit dans cette dynamique, sans lien direct avec les dispositifs nationaux pour l’instant.

Registre de commerce : ambulant et industriel

Le registre de commerce ambulant a enregistré 15 000 inscriptions depuis sa création, principalement dans les grandes villes (Alger, Oran, Constantine). Les secteurs dominants sont la vente de produits alimentaires (60 %), les services (25 %) et l’artisanat (15 %). Les droits d’inscription varient entre 5 000 et 50 000 dinars selon le type d’activité, avec une exonération pour les jeunes de moins de 35 ans pendant deux ans.

Côté industriel, TIRSAM a lancé la vente de camions « Made in Algeria » à partir de 390 millions de centimes (soit environ 2,8 millions de dinars), un prix compétitif face aux importations. Aucun volume de vente n’a été communiqué, mais les délais de livraison (6 à 12 mois) pourraient limiter l’impact immédiat sur le marché. Parallèlement, le Jort concernant les médicaments à usage humain a été révisé pour les autorisations de mise sur le marché (AMM), avec des délais allégés pour les génériques, mais sans modification des tarifs de référence.

Coopérations internationales : Italie et Sahel, mais tensions persistantes

La visite de Giorgia Meloni en Algérie a abouti à un renforcement du partenariat stratégique algéro-italien, avec des accords non détaillés sur l’énergie et les infrastructures. Aucune annonce concrète n’a été faite sur les investissements directs, mais les secteurs ciblés incluent l’éolien et les ports.

En revanche, le Maroc a signé des accords avec les pays du Sahel pour contourner les restrictions liées à la fermeture de la frontière algéro-marocaine. Le projet de train Casablanca-Alger-Tunis (4 milliards de dollars) reste bloqué par cette fermeture, sans date de reprise des négociations prévue. Les Emirats arabes unis, cités comme un acteur « prédateur » dans un article non signé, n’ont pas réagi officiellement à ces critiques, mais leur présence dans les secteurs de l’énergie et des services financiers en Algérie est documentée (montants non communiqués).

ANGEM : bilan mitigé et ajustements sectoriels

L’ANGEM a organisé des portes ouvertes à Alger pour les jeunes entrepreneurs, sans communiquer le nombre de participants ou de projets retenus. Le secteur du tourisme est désormais ouvert à l’auto-entreprenariat, avec des guichets dédiés dans les wilayas touristiques, mais aucune formation spécifique n’a été annoncée. Le bilan sur les voitures « made in Algérie » est qualifié de « catastrophique » par les autorités, sans préciser les volumes vendus ou les pertes enregistrées.

SARL et fiscalité : redressements et circulaires

En dehors de l’Algérie, Decathlon Sénégal a fait l’objet d’un redressement fiscal de 450 millions FCFA (environ 680 000 euros), contesté par l’entreprise. En Algérie, la circulaire de la DGI sur la retenue à la source en TVA s’appliquera aux SARL dès 2026, avec un impact sur les déclarations mensuelles. Aucun seuil de chiffre d’affaires n’a été précisé pour les entreprises concernées, laissant les PME dans l’incertitude sur leur éligibilité.

Bilan de la semaine

À retenir pour les entrepreneurs
– Les inscriptions au registre ambulant progressent, avec des exonérations pour les moins de 35 ans.
– Les alternatives au crédit bancaire (crédit-bail, affacturage) représentent 12 % des financements des PME en 2024.
– La retenue à la source en TVA s’appliquera dès 2026, nécessitant une révision des prévisions de trésorerie.

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