Algérie jeunes entrepreneurs succès

L’Algérie a surmonté un défi clé ces dernières années en renforçant l’attractivité de l’entrepreneuriat auprès des jeunes. Selon aps.dz, cette dynamique s’appuie sur un accompagnement accru et sur des dispositifs ciblés, permettant à des milliers de porteurs de projets de concrétiser leurs idées.

Récemment, les autorités algériennes ont mis en avant des chiffres encourageants : plus de 12 000 micro-entreprises créées en 2024 dans le cadre du programme de soutien aux jeunes entrepreneurs. Ce résultat marque une progression significative par rapport aux années précédentes, où les créations oscillaient autour de 8 000 à 9 000 par an. Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youssef Belmehdi, a souligné lors d’un atelier à Alger que cette hausse reflète une vraie prise de conscience collective face au chômage des diplômés.

Un écosystème en mutation

L’impulsion vient notamment des mesures portées par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), qui a simplifié les procédures administratives et élargi les aides financières. Les microcrédits, autrefois plafonnés à 5 millions de dinars, ont été relevés à 8 millions, permettant de financer des projets plus ambitieux dans divers secteurs. Les jeunes entrepreneurs bénéficient aussi de formations gratuites via des partenariats avec des chambres de commerce locales, comme la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

Parmi les lauréats récents figure Souad Hadj Ahmed, 28 ans, fondatrice d’une entreprise de recyclage de déchets plastiques à Oran. Son projet, soutenu par un prêt ANSEJ de 6,5 millions de dinars, emploie désormais cinq personnes. « Sans ce dispositif, je n’aurais pas pu lancer mon activité. L’accompagnement ne se limite pas à l’argent : ils m’ont aidée à structurer mon business plan », confie-t-elle. Son cas illustre comment l’écosystème évolue vers plus de pragmatisme, en passant d’une logique de subvention à une approche d’investissement ciblé.

La diaspora comme levier

Un autre volet méconnu mais stratégique concerne l’implication de la diaspora algérienne. Depuis 2023, les dispositifs ANSEJ et CNAC (Caisse nationale d’assurance chômage) ont été étendus aux Algériens établis à l’étranger souhaitant investir dans leur pays. Plus de 300 projets portés par des membres de la diaspora ont été validés en 2024, principalement dans les technologies, l’agroalimentaire et les énergies renouvelables.

Mounir Benali, entrepreneur installé à Paris, a récemment lancé une ferme solaire dans la wilaya de Tlemcen grâce à une subvention conjointe ANSEJ-CNAC. « Recevoir un soutien financier local tout en gardant un lien avec la France nous a donné une crédibilité accrue auprès des banques », explique-t-il. Ce programme cible spécifiquement les compétences de la diaspora, souvent mieux connectées aux marchés internationaux et aux financements étrangers.

Défis persistants et nouvelles attentes

Malgré ces progrès, des freins subsistent. Les entrepreneurs pointent encore la lenteur des délais d’obtention des agréments, notamment dans les secteurs réglementés comme les mines ou la pharmacie. Les délais moyens pour un projet minier, par exemple, peuvent dépasser 18 mois, selon des témoignages recueillis par aps.dz auprès d’une chambre de commerce à Tlemcen. Les coûts logistiques, élevés en raison des infrastructures, pèsent aussi sur la compétitivité des PME.

Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement a annoncé récemment le lancement d’un fonds de garantie dédié aux startups technologiques, doté de 2 milliards de dinars. Ce fonds vise à couvrir jusqu’à 80 % des risques liés aux prêts bancaires, une mesure qui pourrait libérer des crédits pour près de 500 projets d’ici 2026. Le directeur général de l’ANSEJ, Abdelkader Bouzid, a rappelé que l’objectif n’est pas seulement de créer des entreprises, mais de les rendre pérennes.

La preuve par l’exemple

À Constantine, une pépinière d’entreprises publique a enregistré un taux de survie de 70 % parmi ses incubés en 2024, contre 50 % en moyenne nationale. Ce succès est attribué à un modèle hybride combinant mentorat, accès à des labos partagés et mise en réseau avec des grands groupes locaux. L’exemple de la startup « AgriTech Constantine », spécialisée dans les solutions hydroponiques, montre comment une idée innovante peut trouver un ancrage territorial solide. Après deux ans d’accompagnement, l’entreprise exporte désormais vers la Libye et la Tunisie.

À retenir pour les entrepreneurs

Le gouvernement algérien a facilité l’accès au financement pour les micro-entreprises via l’ANSEJ, avec des prêts pouvant atteindre 8 millions de dinars. Les jeunes porteurs de projets peuvent aussi compter sur des formations gratuites et un accompagnement technique via les chambres de commerce locales. La diaspora algérienne dispose désormais de dispositifs dédiés pour investir dans le pays, avec des aides spécifiques pour les projets technologiques et énergétiques.

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