La ruée verte du groupe Sonelgaz
Le groupe Sonelgaz accélère sa transition énergétique. Cette semaine, Sonelgaz a ouvert les plis d’un appel d’offres international pour la réalisation de cinq stations solaires d’une capacité totale de 1000 MW. Ces centrales, réparties dans cinq wilayas, s’inscrivent dans le cadre du plan national pour les énergies renouvelables. Selon El Moudjahid, les dossiers sont en cours d’examen et les résultats devraient être annoncés sous peu.
Pour les entrepreneurs algériens, cette initiative représente une opportunité majeure. Les appel d’offres, ouverts aux entreprises locales et internationales, couvrent l’ingénierie, la construction et l’exploitation des sites. Les wilayas concernées – dont la liste n’a pas encore été divulguée – bénéficieront d’un approvisionnement en électricité propre, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles. En 2023, Sonelgaz avait déjà lancé des projets similaires, mais cette fois, l’ampleur est sans précédent : 1000 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une grande ville.
Des wilayas transformées en laboratoires énergétiques
Les cinq wilayas choisies pour ces projets n’ont pas été précisées, mais leur sélection répond à des critères spécifiques. Selon des sources proches du dossier, elles se trouvent probablement dans des zones à fort ensoleillement, comme le sud du pays ou les hauts plateaux. Ces régions, déjà touchées par des pénuries d’eau et des températures extrêmes, pourraient tirer un double avantage de ces centrales : une électricité stable et une réduction des coupures fréquentes en été.
Pour les entrepreneurs locaux, ces projets offrent une visibilité immédiate. Les PME spécialisées dans les infrastructures électriques, les panneaux solaires ou la maintenance pourraient soumissionner en partenariat avec des acteurs internationaux. Les appels d’offres prévoient des clauses de transfert de technologie, permettant aux entreprises algériennes de monter en compétences. En 2022, le groupe avait déjà signé des accords avec des sociétés espagnoles et allemandes pour la formation de techniciens locaux.
Un marché juteux pour les investisseurs
Les 1000 MW de Sonelgaz ne sont pas seulement un projet énergétique, mais aussi un levier économique. Le budget total n’a pas été révélé, mais les estimations dépassent le milliard de dollars. Les entreprises retenues bénéficieront de contrats à long terme, garantissant des revenus stables pendant 20 à 25 ans, selon les standards du secteur. Pour les investisseurs algériens, cela signifie un retour sur investissement rapide, surtout si les centrales sont couplées à des mécanismes de subventions ou de tarifs préférentiels.
Les entrepreneurs de la diaspora algérienne pourraient jouer un rôle clé. Depuis 2020, plusieurs lois ont facilité les investissements des Algériens à l’étranger, notamment via des fonds dédiés aux énergies renouvelables. Des associations comme Algeria Renewable Energy Platform (AREP) ont déjà organisé des webinaires pour préparer les candidats aux appels d’offres. Les retours d’expérience montrent que les projets solaires en Algérie attirent particulièrement les profils techniques – ingénieurs, chefs de projet – capables de monter des consortiums viables.
Les défis à ne pas sous-estimer
Malgré l’enthousiasme, les obstacles sont nombreux. Le premier est logistique : les zones promises sont souvent éloignées des grands axes routiers, ce qui complique le transport des matériaux. En 2024, un projet similaire dans la wilaya de Ouargla avait accusé des retards de six mois en raison de problèmes d’approvisionnement en câbles haute tension.
Le deuxième défi est réglementaire. Les appels d’offres de Sonelgaz exigent des garanties financières solides, difficiles à réunir pour les petites structures. Selon un rapport de la Banque mondiale, seulement 12% des PME algériennes ont accès à des crédits longs, un frein majeur pour les projets d’envergure. Les entrepreneurs devront donc se tourner vers des partenariats publics-privés ou des fonds spécialisés, comme ceux gérés par le ministère de l’Énergie.
Enfin, la question du stockage de l’énergie reste ouverte. Les centrales solaires algériennes sont souvent critiquées pour leur intermittence, surtout en période de canicule. Sonelgaz a évoqué des solutions de batteries, mais aucun calendrier n’a été communiqué. Pour les entrepreneurs, cela représente une niche à explorer : les systèmes de stockage, encore peu développés en Algérie, pourraient devenir un marché porteur.
À retenir pour les entrepreneurs
Les appels d’offres de Sonelgaz pour 1000 MW solaires offrent des contrats longs et des revenus stables. Les entrepreneurs locaux doivent se regrouper pour répondre aux exigences financières, tandis que la diaspora peut miser sur son expertise technique. Les zones sud et hauts plateaux, cibles probables, nécessitent une logistique adaptée.
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