La semaine écoulée a été marquée par des évolutions réglementaires, des annonces sectorielles et des initiatives ciblant les entrepreneurs algériens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les discussions portaient sur l’accès aux marchés, les formalités juridiques, les investissements étrangers et les soutiens aux micro-entreprises. Plusieurs sujets se recoupent, notamment autour de la simplification administrative, de l’export et des nouveaux dispositifs juridiques.
Simplification administrative et formalités
Cession de parts sociales en EURL : Un guide récent détaille les nouveaux formalismes pour les cessions de parts sociales en EURL en Algérie. Les documents sociaux doivent désormais être préparés et communiqués aux associés avant l’approbation des comptes. Cette évolution s’inscrit dans un cadre fiscal plus strict, avec des obligations renforcées pour les associés et les gérants. Les Entreprises Unipersonnelles à Responsabilité Limitée (EURL) doivent désormais se conformer à des procédures formalisées pour toute modification de leur capital, avec un délai de 30 jours pour déclarer les changements auprès du registre du commerce.
Chatbot des Archives nationales : Noria, le chatbot des Archives nationales, permet désormais d’accéder à des archives numérisées de l’Algérie française. Ce service cible principalement les historiens et les chercheurs, mais pourrait aussi intéresser les entrepreneurs spécialisés dans le conseil en patrimoine ou l’édition historique.
Création d’entreprise et reprise
Rebrab et la reprise d’entreprises : Le repreneur Issad Rebrab, connu pour ses activités industrielles, a été cité dans les médias locaux pour son implication dans des reprises d’entreprises à Tizi-Ouzou. Cette actualité survient alors que le pays cherche à relancer le tissu industriel local. Rebrab s’inscrit dans une dynamique de rachat d’actifs en difficulté, souvent dans des secteurs comme l’agroalimentaire ou la mécanique.
GM Trade et distribution automobile : Le groupe GM Trade commercialise actuellement la gamme Chery Mini Truck en Algérie. Cette initiative s’inscrit dans un marché automobile en contraction, avec des ventes de véhicules neufs en baisse de 15 % en 2023 selon les douanes algériennes. Les mini-camions, souvent utilisés pour le transport utilitaire, représentent une niche avec une demande stable dans les zones rurales et périurbaines.
Micro-entreprises et accès aux marchés internationaux
NESDA et ANEXAL : L’Agence nationale de soutien au développement des activités (NESDA) a signé une convention avec l’Agence nationale d’exportation (ANEXAL) pour faciliter l’accès des micro-entreprises aux marchés internationaux. Le protocole prévoit des ateliers de formation à l’export, un accompagnement logistique et un appui à la certification des produits. En 2023, les micro-entreprises représentaient 42 % des exportations non pétrolières de l’Algérie, selon le ministère du Commerce.
Forum africain de l’investissement à Alger : L’Algérie accueille un forum dédié à l’investissement africain, avec une attention particulière portée aux secteurs de l’agroalimentaire, des énergies renouvelables et des technologies. Le ministre de l’Industrie et des Mines a souligné l’importance des partenariats Sud-Sud pour compenser la baisse des investissements européens.
Dynamique industrielle et secteurs porteurs
Industrie cosmétique : L’Algérie voit émerger une industrie cosmétique locale, avec une croissance annuelle estimée à 8 % depuis 2020. Les marques algériennes ciblent principalement le marché national, mais certaines commencent à exporter vers la Tunisie et le Mali. Le secteur emploie environ 5 000 personnes, selon la Fédération algérienne des industries chimiques (FAIC).
Hydraulique et évaluation sectorielle : Une séance de travail présidée par Bouzegza à Batna a évalué le secteur de l’hydraulique, avec un focus sur la gestion des ressources en eau et les investissements nécessaires. Le secteur emploie plus de 15 000 personnes et représente un marché de 35 milliards de dinars algériens (240 millions d’euros) par an.
Investissements étrangers et code des investissements
Classement de l’Algérie par le CSIS : Le think tank américain CSIS (Center for Strategic and International Studies) place l’Algérie parmi les puissances régionales en consolidation, soulignant ses réserves de gaz et son positionnement géostratégique. Cette analyse intervient alors que Sonatrach, la compagnie nationale, est l’objet de débats sur sa capacité à maintenir sa production face à la baisse des investissements étrangers.
Valorisation de sites économiques : Plus de 1 100 sites sont identifiés pour une valorisation en Algérie, selon un rapport ministériel. Ces sites, souvent des friches industrielles ou des terrains sous-exploités, pourraient attirer des investisseurs locaux et étrangers dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des énergies renouvelables.
Statuts juridiques et réformes
Réorientation agricole et sécurité alimentaire : Un projet de loi vise à renforcer la sécurité alimentaire en Algérie, avec des mesures incitatives pour les investisseurs dans l’agroalimentaire. Le texte prévoit des exonérations fiscales pour les entreprises qui investissent dans les zones agricoles prioritaires.
Possession de terres en commun : Une proposition vise à permettre la possession de terres en « commun » pour mieux les protéger. Cette mesure, inspirée de modèles européens, pourrait concerner les terres agricoles familiales ou les zones fragiles. Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore précisé les modalités d’application.
Contexte régional et comparaisons
Tunisie : thalassothérapie : La Tunisie avance dans le secteur de la thalassothérapie, avec des projets visant à atteindre le premier rang mondial. Cette stratégie s’appuie sur des partenariats publics-privés et des investissements étrangers ciblant les stations balnéaires.
Bénin : nouveau Code des Investissements : Le Bénin a adopté un nouveau Code des Investissements, avec des incitations fiscales et des garanties pour les investisseurs étrangers. Ces mesures visent à attirer les capitaux dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures et des technologies.
Bilan de la semaine : points marquants
– Formalités juridiques : Les EURL doivent se conformer à de nouvelles procédures pour les cessions de parts sociales, avec des délais et des documents obligatoires.
– Export : NESDA et ANEXAL renforcent leur collaboration pour faciliter l’accès des micro-entreprises aux marchés internationaux.
– Secteurs porteurs : L’industrie cosmétique et l’hydraulique enregistrent des évolutions structurelles, avec des chiffres d’emploi et de chiffre d’affaires précis.
– Investissements : L’Algérie est perçue comme une puissance régionale par le CSIS, tandis que 1 100 sites sont identifiés pour une valorisation.
– Réformes : Un projet de loi agricole et une proposition sur la possession de terres en commun sont en discussion.
À retenir pour les entrepreneurs :
Les micro-entreprises représentent 42 % des exportations non pétrolières. Deux secteurs émergents : l’industrie cosmétique (8 % de croissance annuelle) et l’hydraulique (35 milliards de dinars de marché). Les EURL doivent se conformer à de nouvelles procédures pour les cessions de parts sociales.
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