Les coûts du fret maritime vers l’Algérie connaissent une hausse brutale depuis plusieurs semaines. L’opérateur français CMA CGM, l’un des leaders mondiaux du transport maritime, a décidé d’augmenter ses tarifs pour les cargaisons en direction du pays. Cette décision, effective récemment, intervient alors que les tensions logistiques mondiales s’intensifient, notamment en raison des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement en Asie et en Europe.
Selon le site spécialisé tsa-algerie.com, cette hausse des tarifs concerne aussi bien les conteneurs classiques que les marchandises en vrac. Pour les entreprises algériennes, qui dépendent à plus de 80 % des importations par voie maritime pour leurs approvisionnements en biens manufacturés et en matières premières, cette augmentation représente un choc supplémentaire. Les secteurs les plus exposés sont ceux de l’agroalimentaire, de l’automobile et de la pharmacie, où les marges sont déjà serrées en raison des fluctuations du dinar et des taxes douanières.
Une pression sur les marges des importateurs
Les acteurs du commerce en Algérie, souvent des PME familiales ou des distributeurs de gros, alertent sur les conséquences de cette hausse. « Avec une augmentation de 15 à 20 % sur certains tarifs, nos coûts logistiques explosent », confie un importateur basé à Alger, sous couvert d’anonymat. « Les contrats que nous avions négociés avec nos fournisseurs étrangers en 2025 ne sont plus rentables. Soit nous répercutons cette hausse sur les prix à la consommation, soit nous absorbons la différence, ce qui rogne nos bénéfices. »
Les chiffres publiés par Algerie Eco confirment cette tendance. Les tarifs moyens pour un conteneur en provenance d’Asie sont passés de 2 500 à plus de 3 000 dollars en l’espace de quelques semaines. Pour les routes maritimes en provenance d’Europe, la hausse atteint 12 % en moyenne. Cette situation s’ajoute aux difficultés déjà connues par les importateurs algériens, comme les retards fréquents dans les ports et les frais de stockage supplémentaires.
L’impact sur les PME et les startups
Pour les jeunes entrepreneurs et les startups algériennes, cette hausse des coûts logistiques est un frein supplémentaire à leur développement. Beaucoup d’entre eux misent sur l’importation de produits finis ou de composants pour lancer leur activité. « Sans une visibilité sur les coûts, il est impossible de faire des projections financières stables », explique une entrepreneure qui gère une boutique en ligne de cosmétiques naturels. « Nous avions prévu une expansion en 2026, mais avec ces nouvelles tarifs, le projet est reporté sine die. »
Les secteurs les plus vulnérables sont ceux qui dépendent de composants électroniques ou de pièces détachées, comme l’électroménager ou la réparation automobile. Les importateurs de produits chinois, qui représentent une part importante du marché, sont particulièrement touchés. « Les délais de livraison s’allongent, et les stocks se raréfient », souligne un responsable d’une entreprise de distribution à Oran. « Les clients commencent à se plaindre des ruptures de stock, et nous n’avons pas d’autre choix que d’augmenter les prix. »
Les solutions envisagées par les pouvoirs publics
Face à cette situation, les autorités algériennes tentent de limiter l’impact sur l’économie. Le ministère du Commerce a récemment rappelé dans une circulaire aux opérateurs que les contrats en cours ne pouvaient être révisés unilatéralement, sauf accord entre les parties. Cependant, cette mesure reste insuffisante pour les entreprises déjà en difficulté.
D’autres pistes sont évoquées, comme le développement du fret ferroviaire ou la relance des investissements dans les ports algériens pour fluidifier les opérations. « Le port d’Alger est saturé, et les délais d’escale s’allongent », explique un expert en logistique. « Sans une modernisation des infrastructures, les coûts resteront élevés, quelle que soit la conjoncture internationale. »
Un appel à la résilience des entrepreneurs
Dans ce contexte, les experts invitent les entrepreneurs algériens à anticiper et à diversifier leurs sources d’approvisionnement. « Les importateurs doivent explorer des partenariats avec des fournisseurs en Turquie, au Maroc ou en Europe de l’Est, où les coûts logistiques sont parfois moins élevés », conseille un consultant en commerce international. « Il est aussi crucial de renforcer les stocks en période de stabilité pour éviter les ruptures en cas de crise. »
Les entrepreneurs sont également encouragés à se tourner vers les produits locaux, lorsque cela est possible. « L’Algérie a un potentiel agricole et industriel sous-exploité », rappelle un économiste. « Les subventions à l’investissement dans l’agroalimentaire ou les énergies renouvelables pourraient offrir des alternatives aux importations coûteuses. »
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs algériens doivent adapter leurs stratégies d’approvisionnement face à la hausse des coûts logistiques. Explorer des fournisseurs alternatifs et renforcer les stocks en période stable sont des leviers concrets pour limiter l’impact sur leur activité.
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