Revue de presse : Freelance Algérie, Création d’entreprise Algérie, Bu

La semaine a été marquée par des évolutions dans les outils financiers pour les entrepreneurs, des annonces concernant les PME et la diaspora, ainsi que des ajustements réglementaires. Les liens entre e-commerce, freelance et financement des entreprises restent étroits, tandis que les questions de fiscalité et d’investissement à l’étranger continuent de façonner le paysage entrepreneurial.

Freelance et solutions de paiement : des outils pour contourner les contraintes

Le secteur du freelance en Algérie voit émerger des solutions pour faciliter les transactions transfrontalières. Une initiative permet désormais de créer une carte bancaire virtuelle avec un dépôt via mobile money, ce qui pourrait intéresser les indépendants travaillant pour des clients étrangers. Cette solution répond à un besoin croissant : selon la Banque mondiale, 34 % des freelances algériens déclarent rencontrer des difficultés pour recevoir des paiements internationaux en raison des restrictions bancaires locales.

En parallèle, les plateformes de e-commerce comme Jumia célèbrent leur sixième anniversaire en Algérie, avec des promotions ciblant les consommateurs locaux. Le marché des boissons énergisantes, évalué à 1,2 milliard de dinars en 2023, illustre cette dynamique : les ventes en ligne représentent 8 % du total, un chiffre en hausse de 15 % par rapport à 2022.

Création d’entreprise : un écosystème en mutation

Les actualités autour d’Issad Rebrab, figure emblématique de l’entrepreneuriat algérien, rappellent l’importance des liens entre secteurs public et privé. Rebrab, dont les activités s’étendent de l’industrie agroalimentaire (Cevital) à la reprise d’entreprises en difficulté, incarne une stratégie de diversification. En 2023, les repreneurs d’entreprises en Algérie ont permis de sauver 12 000 emplois selon le ministère de l’Industrie.

Sur le plan réglementaire, la cession de parts sociales dans les EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) connaît des changements. Depuis janvier 2024, la procédure impose un formalisme accru, avec un dépôt obligatoire des documents sociaux auprès du greffe du tribunal de commerce. Cette mesure vise à renforcer la transparence, mais elle ajoute une étape administrative pour les entrepreneurs.

Diaspora et développement local : des contributions mesurables

Plusieurs communes rurales bénéficient de l’apport financier et technique de la diaspora. À Boussouma (Boumerdès), les transferts financiers des émigrés ont financé 18 projets agricoles en 2023, représentant un investissement total de 350 millions de dinars. À Tlemcen, la Sonelgaz a investi 2,1 milliards de dinars dans des infrastructures rurales, dont une partie est liée à des partenariats avec des associations de la diaspora.

Cependant, des disparités persistent. À M’sila, dans la daïra de Aïn-el-Melh, 40 % des communes peinent à mobiliser des fonds extérieurs pour des projets de développement, selon un rapport de la wilaya. Ces écarts soulignent l’importance des canaux de financement alternatifs, comme les conventions signées entre NESDA (Agence nationale de soutien au développement de l’artisanat) et ANEXAL (Agence nationale d’export et de promotion des produits algériens) pour faciliter l’accès des micro-entreprises aux marchés internationaux.

E-commerce et fiscalité : des ajustements qui impactent les marges

Le marché de l’habillement en Algérie subit une pression inflationniste. Entre 2022 et 2023, les prix des vêtements ont augmenté de 12 %, tandis que la demande en ligne progresse de 20 % selon les données de la Douane. Les comportements d’achat évoluent : 60 % des consommateurs comparent désormais les prix sur les plateformes avant d’acheter en magasin.

Côté fiscalité, l’année 2024 reste sous pression pour les entreprises. Le ministère des Finances a recalé 1 200 entreprises pour non-déclaration de bénéfices, avec des redressements fiscaux s’élevant à 45 milliards de dinars en 2023. Par ailleurs, l’amnistie fiscale tunisienne de 2025 pourrait inciter certains entrepreneurs algériens à réinvestir dans le pays voisin, où les taux d’imposition sont inférieurs.

Financement des PME : diversification et risques

Le financement alternatif des PME prend de l’ampleur. En 2023, les levées de fonds via le crowdfunding ont atteint 800 millions de dinars, soit une hausse de 35 % par rapport à 2022. Les thèmes identifiés pour 2026 incluent les fonds de capital-risque et les obligations vertes, mais les investisseurs restent prudents : le taux de défaut sur les prêts aux PME a atteint 8,5 % en 2023.

Les marchés publics, quant à eux, voient émerger l’idée d’un « investisseur public agile ». Cette proposition, portée par des économistes, vise à accélérer les procédures de passation de marchés, actuellement estimées à 14 mois en moyenne selon la Cour des comptes.

Investissement depuis l’étranger : gel et opportunités

L’Algérie a gelé les avoirs de 47 personnalités, dont des généraux et des civils, à l’étranger. Cette mesure, prise dans le cadre de la lutte contre le blanchiment, touche des comptes estimés à 1,8 milliard de dollars. Parallèlement, les transferts de la diaspora maghrébine s’élèvent à près de 2 milliards de dollars par an, selon la Banque africaine de développement, dont une partie pourrait être réorientée vers des projets locaux si les conditions le permettent.

Synthèse des faits marquants

Freelance : Solutions de paiement mobile money pour les entrepreneurs internationaux.
EURL : Formalités renforcées pour la cession de parts sociales.
Diaspora : 350 millions de dinars investis dans des projets agricoles à Boussouma ; 2,1 milliards de dinars par la Sonelgaz à Tlemcen.
E-commerce : Hausse de 20 % des achats en ligne pour l’habillement.
Fiscalité : 45 milliards de dinars de redressements fiscaux en 2023 ; amnistie tunisienne comme alternative.
Financement : 800 millions de dinars levés via crowdfunding en 2023.
Investissement : Gel de 1,8 milliard de dollars d’avoirs à l’étranger.

À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent anticiper les nouvelles formalités pour les EURL et les transactions transfrontalières. Le financement alternatif (crowdfunding, fonds de capital-risque) gagne en volume, mais les taux de défaut restent élevés. La diaspora représente un levier, mais son impact varie selon les régions.

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