Hydrogène vert attirera des milliards en Algérie

L’Algérie mise sur l’hydrogène vert pour transformer son économie et attirer des investissements étrangers. Cette semaine, plusieurs sources confirment que des partenaires européens et allemands préparent des projets colossaux dans ce secteur stratégique. Selon El Moudjahid, un guide allemand publié récemment détaille les opportunités offertes par l’Algérie dans la production et l’exportation d’hydrogène vert, un marché estimé à des centaines de milliards de dollars d’ici 2030.

Le gouvernement algérien a accéléré les discussions avec des consortiums internationaux pour exploiter les ressources solaires et éoliennes du pays. Maghreb Emergent souligne que les sites désertiques du sud, notamment dans les wilayas d’Adrar et d’Illizi, sont ciblés pour des projets pilotes. Ces zones bénéficient d’un ensoleillement exceptionnel et de vastes étendues propices à l’installation de parcs renouvelables. Les premières estimations évoquent une capacité de production de 30 gigawatts d’ici 2035, selon des sources proches du ministère de l’Énergie et des Mines.

Une révolution énergétique en marche

Le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a confirmé cette semaine à l’APS que des négociations étaient en cours avec des entreprises allemandes et européennes pour des partenariats technologiques et financiers. L’Allemagne, premier consommateur d’hydrogène vert en Europe, cherche à sécuriser ses approvisionnements pour respecter ses objectifs climatiques. En 2025, Berlin a déjà alloué 9 milliards d’euros à des projets d’importation d’hydrogène, dont une partie pourrait provenir d’Algérie.

Les études préliminaires, citées par Le Courrier d’Algérie, indiquent que les projets algériens pourraient couvrir jusqu’à 10 % des besoins allemands d’ici 2030. Les coûts de production en Algérie, estimés entre 1,5 et 2 euros par kilogramme, sont compétitifs face à d’autres producteurs comme l’Australie ou le Chili. Cette compétitivité s’explique par les coûts énergétiques locaux, parmi les plus bas au monde, ainsi que par la proximité géographique avec l’Europe.

Des infrastructures à construire

Pour concrétiser ces ambitions, l’Algérie devra lever des défis majeurs. D’abord, le développement des infrastructures de transport et de transformation. Actuellement, les projets pilotes envisagent la construction d’un corridor méditerranéen dédié à l’exportation d’hydrogène liquide, avec des terminaux portuaires adaptés. Le port d’Arzew, dans l’Ouest, et celui de Béjaïa, dans le Nord, sont cités comme des hubs potentiels pour l’exportation vers l’Europe.

Ensuite, la question du financement reste cruciale. Le gouvernement algérien a annoncé la création d’un fonds souverain dédié aux énergies renouvelables, doté de 5 milliards de dollars en 2025. Ce fonds, géré par la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), vise à cofinancer les projets avec des partenaires étrangers. Les banques algériennes, comme la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) et la Banque Nationale d’Algérie (BNA), devraient jouer un rôle clé dans le montage financier.

Les experts soulignent aussi la nécessité de former une main-d’œuvre locale qualifiée. Des partenariats avec des universités allemandes, comme l’Université de Duisbourg-Essen, sont en discussion pour créer des centres de formation spécialisés en Algérie. Ces formations porteront sur les technologies de production, de stockage et de transport d’hydrogène vert.

Un modèle économique à affiner

Le guide allemand, révélé cette semaine par El Moudjahid, propose plusieurs modèles de partenariat. Le premier est le modèle Build-Own-Operate-Transfer (BOOT), où l’investisseur étranger construit, exploite et transfère l’infrastructure à l’État algérien après une période déterminée. Ce modèle est déjà utilisé dans des projets miniers, comme le projet de phosphate de Tébessa.

Un deuxième modèle, plus innovant, prévoit des joint ventures entre des entreprises algériennes et étrangères, avec une participation minimale de 51 % pour les partenaires locaux. Ce modèle vise à renforcer les capacités industrielles locales tout en attirant des technologies de pointe. La société nationale Sonatrach, déjà impliquée dans des projets d’hydrogène, pourrait être un acteur central dans ces partenariats.

Enfin, le guide allemand recommande la création de zones économiques spéciales (ZES) dédiées à l’hydrogène vert. Ces zones, bénéficiant d’avantages fiscaux et douaniers, permettraient d’attirer des investisseurs en réduisant les coûts de production. L’Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI) est chargée d’identifier les sites les plus adaptés, probablement dans le Grand Erg Occidental ou près des sites gaziers du Sud.

Un impact pour la diaspora algérienne

Pour la diaspora algérienne, ces projets représentent une opportunité unique de participer à la transition énergétique du pays. Les compétences en ingénierie, en gestion de projets énergétiques et en logistique seront très recherchées. Des programmes de retour d’expertise, comme ceux mis en place par le ministère de l’Énergie, pourraient faciliter l’implication des Algériens de l’étranger dans ces projets.

Les investisseurs de la diaspora pourraient aussi jouer un rôle dans le financement. Le gouvernement a annoncé des facilités pour les transferts de fonds en devise, notamment via la nouvelle réglementation sur la déclaration des devises, publiée en avril 2024 par la Banque d’Algérie. Cette mesure vise à encourager les Algériens résidant à l’étranger à investir dans des projets locaux, y compris dans l’hydrogène vert.

À retenir pour les entrepreneurs
Les premiers appels d’offres pour des projets d’hydrogène vert en Algérie seront lancés d’ici fin 2025. Les entrepreneurs étrangers et locaux intéressés doivent se rapprocher de l’ANPI et du ministère de l’Énergie pour obtenir les détails des procédures. Les coûts de production en Algérie restent compétitifs, mais les projets nécessiteront des partenariats solides et des financements mixtes.

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