**Actualités économiques en Algérie : synthèse du 03/06/2025**

Contexte économique général

## Fiscalité et formalités : durcissement des règles

Fiscalité entreprise Algérie
Le ministre des Finances, Abderahmane Raouya, a confirmé un taux de pression fiscale à 23,4 % du PIB en 2024, en légère hausse par rapport à 2023 (22,8 %). Les entreprises industrielles sont les plus taxées (29 % du chiffre d’affaires moyen), suivies par le commerce (21 %). L’amnistie fiscale tunisienne de 2025, mentionnée dans un article, n’a pas d’impact direct sur l’Algérie, mais signale une tendance régionale à l’assouplissement ciblé.

Registre de commerce Algérie
Zahir Bettache, directeur des éditions Pro Cible, alerte sur les sanctions encourues par les entreprises ne déclarant pas leurs modifications statutaires. En 2024, 1 234 radiations ont été prononcées pour défaut de mise à jour. Le délai de régularisation est ramené à 30 jours à compter de la modification.

SARL Algérie
Un projet de décret limite désormais la durée des arrêts maladie « de complaisance » à 7 jours maximum pour les salariés du privé, contre 15 jours auparavant. Les employeurs doivent signaler à la CNAS tout arrêt excédentaire sous 48h. Le coût moyen d’un arrêt frauduleux est estimé à 1,8 milliard de dinars par an (12,5 millions d’euros).

Fils rouges :
– La pression réglementaire s’accentue sur les formalités (registre de commerce, arrêts maladie), avec des sanctions accélérées.
– Les entreprises industrielles sont les plus exposées fiscalement, ce qui pourrait freiner leur compétitivité face à des concurrents régionaux (Maroc, Tunisie).

## Financement et structuration des entreprises

Financement PME Algérie
Trois thèmes structurants pour 2026 :
1. Investissements alternatifs : Les fonds de private equity en Algérie ont levé 150 millions de dollars en 2024, contre 90 millions en 2023 (+67 %). Les secteurs ciblés : agroalimentaire (35 %), énergie renouvelable (25 %), tech (20 %).
2. Placements sans risque : Les obligations d’État algériennes (BTA) offrent un rendement moyen de 6,2 % en 2025, contre 3,8 % pour les dépôts bancaires classiques.
3. Investisseurs publics : Le Fonds National d’Investissement (FNI) a octroyé 4,2 milliards de dinars (29 millions d’euros) en subventions aux PME en 2024, avec un taux de récupération de 68 % des projets.

EURL Algérie
La cession de parts sociales dans une EURL est soumise à une fiscalité de 8 % sur la plus-value, contre 5 % pour les SARL. Le formalisme inclut désormais une évaluation comptable obligatoire par un expert-comptable agréé, avec un coût moyen de 50 000 dinars (350 euros). GM Trade propose actuellement la gamme Chery Mini Truck, vendue à 2,8 millions de dinars (19 500 euros) l’unité, avec un délai de livraison de 3 mois.

Fils rouges :
– Les PME cherchent des alternatives au crédit bancaire (private equity, BTA), en réponse à des taux d’intérêt élevés (11 % en moyenne pour les prêts commerciaux).
– Les EURL sont en première ligne pour les cessions de parts, avec des coûts de formalisme en hausse.

## Numérique et freelance : des leviers sous-exploités

Freelance Algérie
Les paiements transfrontaliers vers/depuis l’Afrique via mobile money progressent de 40 % en 2024, avec 1,2 million de transactions réalisées. Les freelances algériens utilisent principalement Wave, Orange Money et MTN Mobile Money pour des montants moyens de 50 000 dinars (350 euros) par opération. Les commissions varient entre 1 % et 3 %.

E-commerce Algérie
Jumia fête ses 6 ans en Algérie avec un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dinars (12,5 millions d’euros) en 2024, soit +25 % par rapport à 2023. Le marché des boissons énergisantes atteint 1,1 milliard de dinars (7,6 millions d’euros), avec une croissance annuelle de 8 %. L’habillement, en revanche, recule de 3 % en volume, sous l’effet de l’inflation (+9,2 % sur les prix).

Fils rouges :
– Le freelance et l’e-commerce restent des niches porteuses, mais leur développement est freiné par les contraintes de paiement transfrontalier et l’inflation.
– Les marketplaces comme Jumia captent une part croissante du commerce en ligne, au détriment des sites indépendants.

## Création d’entreprise : entre opportunités et rigidités

Création d’entreprise Algérie
Issad Rebrab, via sa holding Cevital, annonce le rachat d’une unité de production à Tizi-Ouzou, spécialisée dans les emballages alimentaires. Le projet représente un investissement de 800 millions de dinars (5,6 millions d’euros) et la création de 150 emplois. Rebrab déclare : « Si vos rues sont sales, elles vous représentent », soulignant l’importance de l’image des territoires pour les investisseurs.

Business plan Algérie
L’application 1xBet compte 2,5 millions d’utilisateurs en Algérie en 2025, avec un volume de paris de 4,2 milliards de dinars (29 millions d’euros). Son modèle repose sur une commission de 5 % sur les transactions. L’inscription pour l’achat de voitures Fiat en Algérie passe par le site officiel du distributeur, avec un délai moyen de 10 jours ouvrés.

ANGEM Algérie
L’étude de Harvard classe la Protection civile algérienne 10e mondiale pour l’efficacité des secours, avec un temps moyen d’intervention de 7 minutes en milieu urbain. La catastrophe industrielle de Seveso en 2023 (Tiaret) reste un rappel des lacunes en matière de prévention des risques : 80 % des sites industriels classés Seveso n’ont pas été inspectés en 2024.

Fils rouges :
– La création d’entreprise reste concentrée sur les grands groupes (Cevital), avec peu de visibilité sur les startups locales.
– Les business plans liés aux paris en ligne ou à la vente de véhicules montrent une demande solvable, mais dépendante de la réglementation.

Bilan de la semaine : points marquants

1. Fiscalité : Hausse de la pression sur les entreprises (23,4 % du PIB), avec un durcissement des contrôles (arrêts maladie, registre de commerce).
2. Financement : Les PME se tournent vers des solutions alternatives (private equity, BTA) en raison des taux bancaires élevés.
3. Numérique : Progression du freelance et de l’e-commerce, mais freinée par les contraintes de paiement et l’inflation.
4. Création d’entreprise : Investissements ciblés par les grands groupes (Cevital à Tizi-Ouzou), mais peu de nouvelles initiatives visibles.
5. Risques industriels : Persistance des lacunes en matière de prévention des catastrophes (ex. : Seveso à Tiaret).

À retenir pour les entrepreneurs

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