Le PDG de Huawei Algérie, récemment reçu par le ministre de l’Industrie et des Mines, Tebboune, pour évoquer des projets concrets dans les télécoms et le numérique, marque une nouvelle étape dans la collaboration entre la Chine et l’Algérie. Cette rencontre, rapportée par Algeria Invest, intervient alors que le pays mise sur la transformation digitale pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Pour les entrepreneurs algériens, cette dynamique ouvre des opportunités dans les secteurs des infrastructures technologiques, de la cybersécurité et des services cloud, où Huawei, géant chinois des télécoms, pourrait jouer un rôle clé.
Un partenariat stratégique pour l'économie numérique
La réunion entre Tebboune et le PDG de Huawei Algérie s’inscrit dans le cadre d’accords plus larges signés entre les deux pays ces dernières années. Huawei, qui a déjà investi dans des centres de formation en Algérie et participe à des projets de modernisation des réseaux 4G et 5G, pourrait étendre ses activités à des domaines comme l’intelligence artificielle et l’Internet des objets (IoT). Selon des sources proches du dossier, les discussions portent notamment sur le déploiement de data centers en Algérie et la formation de professionnels locaux aux nouvelles technologies.
Pour les entrepreneurs algériens, cette collaboration représente une chance d’intégrer des écosystèmes technologiques internationaux. Les startups spécialisées dans les fintechs, l’e-commerce ou les solutions logicielles pourraient bénéficier de partenariats avec Huawei, qui dispose d’un réseau mondial et d’une expertise reconnue. « Les entreprises locales ont tout intérêt à se positionner comme sous-traitants ou partenaires dans ces projets », souligne un expert en digitalisation à Alger. Les secteurs du cloud computing et de la maintenance des infrastructures réseau sont particulièrement porteurs, avec une demande croissante depuis l’adoption en 2024 d’une stratégie nationale pour le numérique.
Des retombées attendues pour les PME et la diaspora
Les accords pourraient aussi inclure des clauses favorisant l’emploi local et le transfert de compétences. Huawei a déjà formé plus de 10 000 jeunes Algériens aux métiers du numérique depuis 2018, une initiative qui pourrait s’étendre avec le soutien de l’État. Pour les entrepreneurs de la diaspora, ces projets offrent des opportunités de retour ou de collaboration à distance, notamment dans les domaines de la formation en ligne ou du développement de logiciels.
« L’Algérie a besoin de compétences en cybersécurité et en gestion de projets IT », explique un consultant en innovation basé à Paris. « Les entrepreneurs de la diaspora pourraient créer des entreprises locales ou monter des joint-ventures avec des partenaires algériens pour répondre à cette demande. » Les programmes comme « Algérie Tech », lancé en 2023 pour soutenir les startups, pourraient être renforcés par l’arrivée de nouveaux acteurs comme Huawei, qui dispose de fonds d’investissement dédiés aux projets innovants.
Des défis à relever pour une intégration réussie
Cependant, des obstacles subsistent. Les entrepreneurs locaux pointent du doigt la bureaucratie et les lenteurs administratives qui freinent l’innovation. « Sans simplification des procédures, même les meilleurs partenariats tech ne pourront pas décoller », regrette un fondateur de startup à Oran. De plus, la dépendance à un seul partenaire étranger comme Huawei soulève des questions sur la souveraineté technologique. « L’Algérie doit diversifier ses alliances pour éviter de devenir un simple marché captif », analyse un économiste à Alger.
Côté financement, les PME algériennes pourraient bénéficier de fonds dédiés, comme ceux proposés par la Banque algérienne de développement (BAD) ou des programmes européens. En 2025, la BAD a alloué 50 milliards de dinars à l’innovation, un montant qui pourrait être complété par des investissements chinois dans le cadre des accords avec Huawei.
Un modèle à reproduire avec d'autres partenaires ?
L’expérience avec Huawei pourrait servir de modèle pour d’autres collaborations technologiques avec l’Afrique subsaharienne. Le Kenya, par exemple, a récemment renforcé son appui aux jeunes créateurs d’emplois dans le numérique, selon l’Agence Ecofin. Une approche similaire en Algérie, combinant investissements étrangers et soutien aux startups locales, pourrait accélérer la transition vers une économie knowledge-based.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs algériens peuvent se positionner comme sous-traitants ou partenaires des projets Huawei dans les data centers, la cybersécurité ou la formation IT. La BAD et des programmes comme « Algérie Tech » offrent des financements pour les startups innovantes. La diaspora peut jouer un rôle clé en créant des entreprises locales ou en collaborant à distance dans les secteurs du numérique.
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