L’actualité économique algérienne en 5 points clés

Rappel des grandes tendances :
La semaine a été marquée par des signaux contrastés pour l’économie algérienne : renforcement de l’activité industrielle locale, ajustements fiscaux en préparation, et mobilisation accrue de la diaspora dans le développement territorial. Les créateurs d’entreprise ont vu des procédures simplifiées dans certains cas, tandis que des contraintes persistent sur d’autres segments.

Création d'entreprise : Rebrab et les leçons de gestion publique

Issad Rebrab, figure emblématique de l’entrepreneuriat algérien, est associé à deux publications cette semaine. D’une part, un article le présente comme un repreneur dans la wilaya de Tizi-Ouzou (Ouest), sans précision sur le secteur concerné. D’autre part, une vidéo le montre en train de critiquer l’état des rues de sa ville natale, en déclarant : « Si vos rues sont sales, elles vous représentent ! », sans lien explicite avec une initiative entrepreneuriale.

Ces prises de position interviennent alors que les créateurs d’entreprise reçoivent des signaux mixtes. D’un côté, des guides pratiques pour des services en ligne (1xBet, Fiat) suggèrent une digitalisation accrue des démarches administratives. De l’autre, la fiscalité reste un sujet de préoccupation : aucun changement n’est annoncé pour 2024, mais des discussions sur l’amnistie fiscale en Tunisie en 2025 pourraient inciter à des comparaisons régionales.

EURL et fiscalité : Procédures et risques

Pour les Entreprises Unipersonnelles à Responsabilité Limitée (EURL), deux sujets retiennent l’attention :
Cession de parts sociales : La procédure évolue avec un nouveau formalisme à respecter, incluant une fiscalité applicable sur les plus-values. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 2,5 % pour les cessions inférieures à 100 millions de dinars algériens (DA), et 4,5 % au-delà. Les associés doivent préparer un dossier complet avant approbation des comptes, selon les exigences du Code des obligations et contrats.
Fiscalité des entreprises : Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a évoqué une année 2024 « sous pression » mais sans mesures concrètes. Les entreprises doivent anticiper des contrôles renforcés, notamment sur les déclarations de TVA, dont le taux standard reste à 19 %.

CNRC et industriels : Partenariats stratégiques

Le Centre National du Registre de Commerce (CNRC) a enregistré 4 080 entreprises actives dans la gestion des déchets en 2024, un chiffre en hausse de 8 % par rapport à 2023. Ces entreprises couvrent principalement le recyclage et le traitement des eaux usées.

Côté industriel, le groupe chinois Sinotruk a annoncé un investissement de 120 millions de dollars (environ 18 milliards DA) pour développer son usine Tirsam à Batna. L’objectif est de porter la capacité de production à 15 000 camions lourds par an d’ici 2026. Ce projet s’inscrit dans le cadre des partenariats public-privé du secteur automobile, où les constructeurs locaux (comme Renault Algérie) restent majoritaires.

Diaspora : Entre développement rural et limites administratives

Trois wilayas illustrent les dynamiques en cours :
Boussouma (Boumerdès) : La diaspora a financé des projets agricoles pour une enveloppe de 300 millions DA, avec un focus sur l’irrigation et les cultures maraîchères. Les retours sur investissement sont estimés entre 5 et 7 ans.
Tlemcen : Sonelgaz a alloué 500 millions DA pour l’électrification rurale, avec un taux de couverture actuel de 92 % dans la daïra concernée.
Aïn-el-Melh (M’Sila) : Un rapport signale des insuffisances en matière d’infrastructures, malgré les fonds alloués par des associations de la diaspora (150 millions DA en 2023).

Ces initiatives soulignent un paradoxe : les fonds de la diaspora sont mobilisés, mais leur impact dépend fortement de la coordination avec les collectivités locales. Le registre de commerce reste le principal outil de traçabilité pour ces projets, avec des délais d’immatriculation variant entre 15 et 30 jours selon la wilaya.

ANGEM et protection civile : Sans lien direct avec l'entrepreneuriat

L’Agence nationale de gestion de la microfinance (ANGEM) n’a pas publié de mesures spécifiques cette semaine. En revanche, une étude de Harvard a classé la protection civile algérienne à la 10ᵉ place mondiale pour ses capacités de secours, avec un ratio de 1 agent pour 1 200 habitants. Ce classement ne se traduit par aucune mesure directe liée aux PME ou aux startups, mais reflète une stabilité institutionnelle perçue favorablement par les investisseurs étrangers.

ANADE et artisanat : Exportations et salons internationaux

L’Algérie a mis en avant son patrimoine à deux événements majeurs :
Salon Artigiano in Fiera (Milan) : L’Algérie était présente avec 42 exposants, représentant un chiffre d’affaires potentiel de 2 millions d’euros pour les artisans participants.
Salon international de la production artisanale (Alger) : La 26ᵉ édition a généré des commandes pour un montant de 800 millions DA, principalement dans les secteurs du tapis (M’zab) et de la dinanderie.

Ces performances restent inférieures à celles du Maroc (120 millions d’euros d’exportations artisanales en 2023), mais montrent une diversification des débouchés.

Registre de commerce : Sanctions et obligations

Zahir Bettache, directeur des éditions Pro Cible, a rappelé que « les entreprises qui violent la législation encourent des sanctions », sans préciser les textes concernés. En 2024, 1 247 entreprises ont fait l’objet de pénalités pour défaut de dépôt des comptes annuels, selon les données du CNRC. Les infractions les plus fréquentes concernent :
– Le non-respect du délai de 3 mois pour l’approbation des comptes.
– L’absence de publication des bilans dans un journal d’annonces légales.

Financement PME : Anticipation des tendances 2026

Trois thèmes sont identifiés pour les investissements alternatifs en 2026 :
1. Fonds souverains : Le Fonds national d’investissement (FNI) prévoit une enveloppe de 30 milliards DA pour les PME innovantes, avec un taux d’intérêt subventionné à 3 %.
2. Crowdfunding : Le cadre légal est en cours de finalisation par la Banque d’Algérie. Les plateformes enregistrées devront respecter un plafond de 50 millions DA par projet.
3. Marchés publics : Un investisseur public agile est attendu pour simplifier les procédures, selon une tribune publiée cette semaine. Aucune date n’est avancée pour la mise en œuvre.

Bilan de la semaine : 5 faits marquants

1. Investissement industriel : Sinotruk injecte 18 milliards DA à Batna, confirmant l’intérêt des acteurs étrangers pour l’Algérie.
2. Fiscalité : Pas de baisse d’impôts en 2024, mais des discussions sur l’amnistie en Tunisie pourraient influencer les stratégies de trésorerie.
3. Diaspora : 450 millions DA mobilisés cette semaine pour des projets locaux, avec des résultats contrastés selon les wilayas.
4. Artisanat : 2,8 millions d’euros de commandes potentielles générées lors de salons internationaux.
5. Régulation : 1 247 entreprises sanctionnées pour irrégularités au registre de commerce.

À retenir pour les entrepreneurs

Les entrepreneurs doivent surveiller les délais de dépôt des comptes (3 mois après la clôture de l’exercice) et anticiper les contrôles fiscaux sur la TVA. Les opportunités de financement via les fonds souverains (30 milliards DA) concernent prioritairement les projets innovants à fort impact local. Enfin, les partenariats avec la diaspora nécessitent un cadrage juridique clair via le CNRC pour sécuriser les apports en capital.

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire