L’Algérie accélère sa transition vers l’économie numérique avec une mesure forte : le e-paiement devient obligatoire pour tous les commerçants d’ici 2026. Cette décision, confirmée récemment par le ministère des Finances, s’inscrit dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2025 et vise à moderniser les transactions commerciales tout en luttant contre l’économie informelle. Pour les entrepreneurs algériens, cette réforme représente à la fois une opportunité et un défi majeur.
Une réforme structurelle pour l'économie algérienne
Le gouvernement algérien a pris la décision d’imposer le e-paiement à l’ensemble des commerçants du pays, qu’ils soient grandes surfaces, petits commerces ou artisans. Selon afriqueitnews.com, cette mesure entrera en vigueur progressivement à partir de septembre 2026, avec un calendrier de mise en œuvre échelonné pour permettre aux commerçants de s’adapter. Les commerces en ligne et les plateformes de vente à distance sont concernés dès le premier trimestre 2026.
Cette obligation s’appuie sur plusieurs piliers : la réduction des paiements en espèces, qui représentent encore plus de 70% des transactions en Algérie selon les estimations officielles, la traçabilité des flux financiers, et la lutte contre la fraude fiscale. Les commerçants devront s’équiper de terminaux de paiement électronique (TPE) ou proposer des solutions de paiement en ligne sécurisées.
Les chiffres clés et le calendrier
Le ministère des Finances a communiqué des objectifs ambitieux : 60% des transactions commerciales devront passer par des canaux électroniques d’ici fin 2026, et 100% en 2027. Pour accompagner cette transition, l’État prévoit des subventions pour l’acquisition de TPE, avec un budget de 5 milliards de dinars algériens (environ 35 millions d’euros) alloué au dispositif « Algerie e-paiement » cette année.
Les commerçants devront choisir parmi une liste de solutions agréées par la Banque d’Algérie, incluant les banques publiques (BNA, BADR, CNEP) et privées (BEA, Al Baraka, CPA). Les solutions proposées devront respecter les normes de sécurité et de traçabilité définies par le régulateur.
Impact pour les entrepreneurs algériens
Pour les startups fintech et les entreprises technologiques algériennes, cette réforme ouvre un marché estimé à plusieurs centaines de millions de dollars. Les solutions de paiement mobile et les plateformes de e-commerce locales devraient connaître un essor important. Plusieurs acteurs du secteur, comme Yassir Pay ou Djezzy Pay, préparent déjà des offres adaptées aux besoins des petits commerçants.
Les entrepreneurs traditionnels, en revanche, devront investir dans de nouveaux équipements et former leur personnel. Le coût d’un TPE varie entre 15 000 et 40 000 dinars algériens (100 à 280 euros), un investissement accessible mais qui peut représenter un effort pour les très petits commerces. Le gouvernement promet des facilités de crédit à taux zéro pour ces derniers.
Un signal fort pour les investisseurs et la diaspora
Cette mesure envoie un message clair aux investisseurs étrangers et à la diaspora économique algérienne : l’Algérie accélère sa modernisation économique. Plusieurs fonds d’investissement spécialisés dans les fintech ont déjà manifesté leur intérêt pour le marché algérien, attirés par le potentiel de 45 millions de consommateurs connectés.
Pour les entrepreneurs algériens de l’étranger, cette réforme crée des opportunités de partenariat avec des startups locales ou de développement de solutions technologiques adaptées au marché national. La Banque d’Algérie a d’ailleurs annoncé des simplifications administratives pour les entrepreneurs de la diaspora souhaitant investir dans le secteur des paiements électroniques.
Les défis à relever
Malgré l’enthousiasme général, plusieurs défis subsistent. Le principal concerne l’infrastructure numérique : malgré les progrès récents, certaines régions du pays souffrent encore de coupures internet fréquentes, un problème qui pourrait perturber les transactions électroniques. La Banque d’Algérie a promis des investissements massifs dans les réseaux 4G et 5G pour résoudre ce problème d’ici 2026.
Un autre enjeu est la sensibilisation des commerçants. Une campagne nationale est en cours pour expliquer les avantages du e-paiement (réduction des risques de vol, accès à des crédits bancaires facilités, etc.) et les modalités pratiques de mise en œuvre. Les chambres de commerce locales organisent des ateliers de formation dans tout le pays.
À retenir pour les entrepreneurs
Cette réforme du e-paiement transforme le paysage commercial algérien. Les entrepreneurs doivent se préparer à cette transition obligatoire dès septembre 2026. Les solutions technologiques locales ont un avantage compétitif à saisir.
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