L’Algérie vient d’adopter une nouvelle loi encadrant les activités commerciales, un texte attendu depuis des années par les entrepreneurs locaux et la diaspora. Publiée cette semaine par l’APS, la loi fixe les conditions d’exercice des commerces en Algérie, avec des implications directes pour les porteurs de projet, les investisseurs étrangers et les Algériens de l’étranger souhaitant développer une activité dans le pays.
Un cadre juridique enfin clarifié
Le texte, adopté récemment par les deux chambres du Parlement, précise les règles pour l’ouverture, la gestion et la fermeture des commerces en Algérie. Il introduit notamment des dispositions pour simplifier les procédures administratives, réduire les délais de création d’entreprise et clarifier les obligations fiscales et sociales des commerçants.
Pour les entrepreneurs algériens, cette loi représente une avancée majeure. Elle vient combler un vide juridique qui persistait depuis des années, freinant parfois l’investissement et la création d’emplois. Selon des sources proches du ministère du Commerce, le texte vise à aligner l’Algérie sur les standards internationaux en matière de facilitation des affaires, un objectif souligné par la directrice générale de la promotion de l’investissement, Mme Haddi Djouher, lors d’une conférence en 2022.
Des opportunités pour la diaspora
La nouvelle loi pourrait aussi bénéficier aux Algériens de l’étranger, souvent confrontés à des obstacles bureaucratiques lorsqu’ils souhaitent investir dans leur pays d’origine. Les dispositions prévoient désormais des mécanismes simplifiés pour les investisseurs étrangers, avec des garanties contre les expropriations arbitraires et des facilités pour rapatrier les bénéfices.
Un entrepreneur installé en France, contacté par nos soins, se réjouit de cette évolution. « Avec des règles plus claires, je pourrais enfin envisager de lancer une activité en Algérie sans perdre des mois dans des démarches administratives », confie-t-il. La loi prévoit en effet la création d’un guichet unique pour les investisseurs, un outil déjà testé avec succès dans d’autres pays comme le Maroc.
Des secteurs en première ligne
Certains secteurs bénéficieront plus que d’autres de cette réforme. La sous-traitance mécanique, par exemple, connaît un essor grâce au soutien de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), comme le souligne un rapport publié en mars 2024. L’AAPI a déjà identifié 216 assiettes foncières prêtes à être attribuées pour des projets industriels, une opportunité pour les entrepreneurs locaux et internationaux.
Les startups ne sont pas en reste. Une aide de jusqu’à 2 millions de dinars est désormais proposée aux étudiants porteurs de projets innovants, une initiative saluée par le ministère de l’Enseignement supérieur. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à dynamiser l’économie numérique, un domaine où l’Algérie a fait des progrès notables, comme en témoigne sa participation à une conférence sur le sujet à Doha en novembre 2025.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, des obstacles restent à lever. Les entrepreneurs pointent du doigt la lenteur des banques dans le traitement des dossiers de crédit, un problème récurrent en Algérie. Le géant bancaire BEA, autrefois critiqué pour sa rigidité, a entamé une mutation ces dernières années, mais les délais pour obtenir un prêt restent souvent prohibitifs pour les petites structures.
Autre point de vigilance : l’impact des réglementations internationales. La révision du règlement européen sur les émissions de méthane, par exemple, pourrait affecter les exportations algériennes de gaz, notamment celles de Sonatrach. Une étude de Financial Afrik publiée en juin 2026 souligne que l’Algérie devra adapter sa production pour se conformer aux nouvelles normes, sous peine de perdre des parts de marché en Europe.
À retenir pour les entrepreneurs
La nouvelle loi commerciale offre un cadre plus prévisible pour les entrepreneurs en Algérie. Les garanties pour les investisseurs étrangers et les facilités pour la diaspora constituent des atouts majeurs. Cependant, les délais bancaires et les exigences des partenaires internationaux restent des points de vigilance à surveiller de près.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.