Les tensions récurrentes entre Alger et Paris pèsent sur l’économie algérienne et les projets des entrepreneurs, notamment ceux liés à la diaspora. Dans une analyse publiée récemment par La Nouvelle République Algérie, l’éditorialiste Nacer Djabi souligne l’urgence d’un apaisement des relations franco-algériennes pour relancer les échanges économiques et faciliter l’investissement.
Un climat économique sous tension
Les relations bilatérales entre l’Algérie et la France traversent une période de crispations depuis plusieurs années. Ces tensions, souvent politiques, ont des répercussions directes sur le terrain économique. Djabi note que les entrepreneurs algériens, en particulier ceux opérant dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les technologies ou l’agroalimentaire, subissent les conséquences de cette instabilité. Les retards dans les accords commerciaux, les blocages administratifs et les incertitudes réglementaires freinent les projets d’investissement, tant pour les locaux que pour les entrepreneurs de la diaspora.
Le secteur des énergies renouvelables, par exemple, dépend en partie de partenariats techniques et financiers avec des entreprises françaises. Un ralentissement des échanges dans ce domaine pourrait retarder la transition énergétique en Algérie, un objectif affiché par les autorités. De même, les startups algériennes cherchant à se développer à l’international, notamment en Europe, voient leurs ambitions bridées par un climat diplomatique défavorable.
La diaspora algérienne, un pont économique à renforcer
La diaspora algérienne, estimée à plusieurs millions de personnes en France et en Europe, joue un rôle clé dans l’économie nationale. Ses transferts d’argent, évalués à plus de 2 milliards de dollars par an, soutiennent des milliers de familles et financent des projets locaux. Cependant, les tensions politiques compliquent ces flux financiers et découragent les investissements directs. Djabi rappelle que la France reste l’un des premiers partenaires économiques de l’Algérie, avec un volume d’échanges commerciaux dépassant 10 milliards d’euros par an. Une détérioration durable des relations risquerait d’aggraver une situation déjà fragile pour les PME algériennes.
Pour les entrepreneurs de la diaspora, un réchauffement des relations franco-algériennes ouvrirait des opportunités majeures. Les accords de double imposition, les facilités de création d’entreprise et les programmes de soutien aux startups seraient plus accessibles. Aujourd’hui, beaucoup se tournent vers d’autres marchés, comme le Canada ou les Émirats arabes unis, par crainte des lourdeurs administratives en Algérie et des incertitudes liées au contexte politique.
Des secteurs clés à protéger
Certains secteurs économiques algériens, comme l’agroalimentaire ou l’industrie pharmaceutique, sont particulièrement exposés aux aléas politiques. La France est un partenaire historique pour l’exportation de produits agricoles algériens, notamment les dattes et les légumes transformés. Un durcissement des relations pourrait entraîner des droits de douane plus élevés ou des restrictions non tarifaires, pénalisant les exportateurs locaux.
Dans le domaine de la santé, les laboratoires français fournissent une partie des médicaments et équipements médicaux utilisés en Algérie. Toute perturbation dans les chaînes d’approvisionnement aurait un impact direct sur la population et les professionnels de santé. Djabi souligne que ces dépendances structurelles rendent indispensable une gestion apaisée des relations bilatérales.
Que faire pour les entrepreneurs ?
Pour les créateurs d’entreprise en Algérie, l’apaisement des relations avec la France passe d’abord par une stabilité juridique et administrative. Les procédures d’investissement doivent être simplifiées, et les partenariats avec les entreprises françaises encouragés. La diaspora, de son côté, pourrait jouer un rôle de médiateur en promouvant des projets concrets et des échanges culturels, tout en soutenant les réformes économiques locales.
Les autorités algériennes ont tout intérêt à clarifier les règles du jeu pour les investisseurs étrangers, notamment français. Une communication plus transparente sur les orientations économiques et une volonté affichée de coopération seraient des signaux forts pour rassurer les entrepreneurs.
À retenir pour les entrepreneurs
Les tensions entre l’Algérie et la France impactent directement les investissements et les échanges commerciaux, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et de l’agroalimentaire. La diaspora algérienne, forte de ses transferts financiers et de ses réseaux, a un rôle clé à jouer pour faciliter un rapprochement économique. Une stabilité politique serait bénéfique pour les PME locales et les startups cherchant des partenariats internationaux.
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