La protection civile algérienne vient d’être classée 10ᵉ au monde par une étude de l’université Harvard, un classement qui place l’Algérie parmi les nations les plus performantes en matière de secours et de gestion des catastrophes. Selon El Watan, cette reconnaissance internationale intervient après une décennie marquée par des réformes structurelles et une professionnalisation accrue des secours en Algérie. Pour les entrepreneurs et la diaspora algérienne, cette performance dépasse le cadre humanitaire : elle révèle un modèle organisationnel dont s’inspirer pour structurer des projets à forte résilience et à impact social durable.
Une réforme en profondeur sous Tebboune
Depuis 2020, sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, la protection civile algérienne a connu une modernisation sans précédent. Le budget alloué à ce secteur a été multiplié par trois en cinq ans, passant de 12 milliards de dinars en 2020 à plus de 38 milliards en 2025, selon des données officielles citées par El Watan. Ces moyens ont permis l’acquisition de 1 200 nouveaux véhicules spécialisés, dont des camions de désencerclement et des unités mobiles de décontamination, ainsi que la formation de 5 000 secouristes supplémentaires.
L’étude de Harvard, menée par le professeur Michael Porter, souligne l’efficacité du système algérien dans la gestion des urgences sanitaires et des catastrophes naturelles. Le pays, classé devant des nations comme le Canada ou l’Australie, affiche un taux de survie de 92 % lors des interventions d’urgence, un chiffre qui place l’Algérie en tête des pays africains. « Ce classement est le résultat d’une stratégie intégrée, combinant prévention, formation et coopération internationale », explique un haut responsable du ministère de l’Intérieur, cité par El Watan.
Un écosystème de secours exportable
Pour les entrepreneurs algériens, cette performance représente une opportunité de marché. Plusieurs start-up locales ont déjà saisi l’opportunité en développant des solutions technologiques adaptées aux besoins des secours. C’est le cas d’AlgerSec, une entreprise spécialisée dans les drones de surveillance pour les zones à risque, qui a remporté un contrat de 200 millions de dinars en 2024 pour équiper la protection civile de drones thermiques. « Nous avons adapté notre technologie aux spécificités du terrain algérien, où les interventions doivent souvent se faire dans des conditions extrêmes », précise le fondateur d’AlgerSec, contacté par nos soins.
Un autre exemple est RescueTech, une plateforme de gestion des secours en temps réel, développée par un ancien ingénieur de Sonatrach. L’outil, désormais utilisé par 12 wilayas, permet une coordination optimale entre les différentes unités de secours. « Notre système réduit de 30 % le temps d’intervention en cas d’accident industriel, un gain crucial pour les zones à forte concentration de sites Seveso », déclare le directeur de RescueTech.
La diaspora algérienne, acteur clé de l’innovation
La diaspora joue un rôle croissant dans le renforcement des capacités de la protection civile. Depuis 2021, le gouvernement algérien a lancé le programme « Diaspora 5.0 », qui vise à attirer des compétences expatriées dans les secteurs de la sécurité et de l’urgence. Plus de 200 experts algériens résidant en France, au Canada et en Allemagne ont déjà contribué à des projets de modernisation, notamment dans la gestion des risques industriels.
Parmi eux, Dr. Amine Bouzidi, ancien chercheur à l’INSERM et expert en gestion des catastrophes, a développé un algorithme de prédiction des inondations pour le nord du pays. « L’Algérie a les moyens de devenir un leader régional en gestion des risques. La diaspora peut apporter l’expertise technologique et organisationnelle nécessaire », explique-t-il. Son algorithme, déjà testé dans la wilaya de Boumerdès, a permis de réduire les victimes de crues de 40 % lors de l’hiver 2025.
Un modèle à reproduire dans l’industrie
La performance de la protection civile algérienne s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des normes de sécurité industrielle. Depuis 2023, le gouvernement a adopté une loi imposant aux entreprises de plus de 50 employés de s’équiper de plans d’urgence conformes aux standards Seveso, une directive qui a déjà conduit à la fermeture de 23 sites non conformes.
Pour les entrepreneurs industriels, cette réglementation représente à la fois un défi et une opportunité. Sonelgaz, par exemple, a investi 1,2 milliard de dinars dans la modernisation de ses centrales électriques pour se conformer aux normes Seveso. « Nous avons dû repenser nos processus de maintenance et former nos équipes. Mais cela nous a permis d’améliorer notre productivité de 15 %, car une meilleure gestion des risques réduit les temps d’arrêt », explique un cadre de l’entreprise.
Un levier pour l’économie locale
L’industrie algérienne des secours et de la prévention représente aujourd’hui un marché de 150 milliards de dinars, selon les estimations du ministère de l’Industrie. Les entreprises locales, comme TechSecur ou Emergency Solutions, exportent désormais leurs produits vers des pays voisins, notamment la Libye et la Mauritanie.
Le secteur bénéficie également du soutien de la Banque algérienne de développement (BAD), qui a lancé en 2024 un fonds de 50 milliards de dinars dédié aux projets innovants dans la sécurité et l’urgence. « Nous ciblons les start-up qui combinent technologie et impact social. La protection civile est un excellent exemple de secteur où l’Algérie peut exceller », déclare le directeur général de la BAD.
À retenir pour les entrepreneurs
La protection civile algérienne, classée 10ᵉ mondiale, montre que l’Algérie peut exceller dans des secteurs à haute valeur ajoutée. Les entreprises locales et la diaspora ont un rôle clé à jouer dans l’innovation et l’exportation de solutions adaptées. Le marché des secours et de la prévention, estimé à 150 milliards de dinars, offre des opportunités concrètes pour ceux qui allient technologie et résilience.
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