L’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) a annoncé récemment une refonte de son approche pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux marchés publics. Selon une tribune publiée par Ilboursa, cette initiative vise à rendre l’investisseur public plus « agile », un terme qui revient souvent dans les discours des responsables économiques algériens depuis 2024. L’objectif est clair : simplifier les procédures et accélérer les paiements pour les entrepreneurs locaux, un secteur qui représente près de 90 % du tissu économique du pays, d’après les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS).
Un guichet unique pour les PME
Les secteurs prioritaires concernés sont le BTP, les technologies de l’information et les services, des domaines où les PME algériennes sont particulièrement actives. En 2025, les marchés publics en Algérie ont représenté un volume de 3 200 milliards de dinars, selon le ministère des Finances. Pourtant, seulement 15 % de ce montant a été attribué à des PME, un chiffre que le gouvernement entend porter à 30 % d’ici 2027, comme l’a rappelé le Premier ministre, Nadir Larbaoui, lors d’une réunion avec les représentants du patronat en mars dernier.
Des paiements accélérés, mais des défis persistent
Autre point sensible : la complexité des cahiers des charges. Les PME algériennes, souvent peu familiarisées avec les procédures administratives, peinent à répondre aux appels d’offres. Pour y remédier, l’ANSEJ organise des ateliers de formation dans les wilayas, en partenariat avec la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI). « Nous avons formé plus de 2 000 entrepreneurs depuis le début de l’année », précise Belmihoub.
La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
Pour attirer ces capitaux, l’ANSEJ envisage de créer un « label diaspora », qui offrirait des garanties supplémentaires aux entrepreneurs expatriés. « Nous travaillons sur un mécanisme de cautionnement pour les projets portés par la diaspora », indique un responsable de l’agence, sous couvert d’anonymat. Une mesure qui pourrait dynamiser des secteurs comme les énergies renouvelables ou le numérique, où les compétences de la diaspora sont particulièrement recherchées.
Un impact limité sans réforme globale
Par ailleurs, les PME algériennes souffrent toujours d’un accès limité au financement bancaire. Les taux d’intérêt restent élevés (entre 8 % et 12 % pour les crédits d’investissement), et les garanties exigées par les banques sont souvent hors de portée pour les petites structures. « Sans un assouplissement des conditions de crédit, les PME ne pourront pas saisir les opportunités offertes par les marchés publics », souligne un banquier privé algérois.
À retenir pour les entrepreneurs
L’ANSEJ simplifie l’accès aux marchés publics avec un guichet dédié et des paiements accélérés sous 30 jours. La diaspora pourrait bénéficier d’un label spécifique pour sécuriser ses investissements. Cependant, les défis structurels, comme les délais de paiement et l’accès au crédit, persistent. Les PME doivent se former aux procédures pour maximiser leurs chances.
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