Le royaume chérifien anticipe une récolte record pour la campagne agricole 2025/2026, avec une production céréalière qui pourrait atteindre 20 millions de tonnes, soit le double des volumes enregistrés ces dernières années. Selon AGENCE ECOFIN, cette projection s’appuie sur des conditions climatiques favorables et des investissements ciblés dans le secteur. Une performance qui contraste avec les défis persistants de l’Algérie en matière de sécurité alimentaire et de dépendance aux importations.
Une stratégie agricole offensive
Cette dynamique s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la dépendance aux importations. Le Maroc, qui importe environ 40 % de ses besoins en céréales, cherche à couvrir 70 % de sa consommation nationale d’ici 2030. Les réserves stratégiques ont été portées à 6 millions de tonnes, soit l’équivalent de six mois de consommation, pour faire face aux aléas climatiques et aux fluctuations des prix mondiaux.
L’Algérie face à des défis structurels
Les autorités algériennes ont lancé plusieurs plans pour relancer la production locale, comme le Programme national de développement agricole (PNDA) et le Plan de soutien à la production céréalière. Ces initiatives prévoient des subventions pour les semences et les engrais, ainsi que des incitations fiscales pour les agriculteurs. Cependant, les résultats restent limités en raison de plusieurs obstacles : fragmentation des terres agricoles, manque d’infrastructures d’irrigation et dépendance aux pluies.
Comparaison des modèles et enseignements
Un autre facteur clé est la gestion de l’eau. Le Maroc a développé des barrages et des stations de dessalement pour sécuriser l’irrigation, tandis que l’Algérie souffre de stress hydrique, avec des ressources en eau par habitant parmi les plus faibles de la région. Les nappes phréatiques s’épuisent, et les projets de dessalement, bien qu’en expansion, ne couvrent pas encore les besoins du secteur agricole.
Enjeux régionaux et géopolitiques
Pour l’Algérie, la dépendance aux importations expose le pays aux tensions géopolitiques et aux fluctuations des prix. La guerre en Ukraine a montré la vulnérabilité des approvisionnements, avec des hausses brutales des coûts du blé. Une relance de la production locale nécessiterait des réformes structurelles, comme la consolidation des terres agricoles et l’amélioration des circuits de distribution.
Quelles pistes pour l’Algérie ?
La coopération avec des pays comme le Maroc, qui a accumulé une expertise dans la gestion des ressources agricoles, pourrait également être bénéfique. Des échanges techniques et des partenariats pour la formation des agriculteurs pourraient accélérer la transition vers une agriculture plus résiliente.
En définitive, si le Maroc montre qu’une politique agricole ambitieuse peut porter ses fruits, l’Algérie doit encore surmonter des défis majeurs pour réduire sa dépendance aux importations. La question céréalière reste un enjeu central pour la souveraineté alimentaire du pays, dans un contexte marqué par les changements climatiques et les incertitudes économiques.