Selon Orient XXI, les patients atteints de troubles psychiatriques au Maroc deviennent des cibles privilégiées pour des charlatans qui leur promettent des guérisons miraculeuses. Ce phénomène, documenté récemment, révèle des lacunes criantes dans la prise en charge médicale et sociale des personnes vulnérables, une situation qui interpelle aussi l’Algérie, où des pratiques similaires pourraient exister en marge du système de santé officiel.
Un marché de l’illusion
Les témoignages recueillis par le média montrent que les familles, désemparées face à la complexité des troubles psychiatriques et à la stigmatisation sociale, se tournent vers ces solutions par manque d’alternatives. Les hôpitaux publics marocains, souvent saturés et sous-équipés, ne parviennent pas à répondre à la demande, laissant le champ libre à ces pratiques frauduleuses.
Un miroir pour l’Algérie
En Algérie, les marabouts et les guérisseurs traditionnels bénéficient encore d’une certaine légitimité culturelle, notamment dans les zones rurales ou parmi les populations les moins informées. Les autorités sanitaires algériennes ont tenté de réguler ces pratiques, mais l’absence de cadre juridique strict et la persistance de croyances ancestrales rendent la tâche difficile. En 2022, le ministère de la Santé avait lancé une campagne de sensibilisation contre les charlatans, mais son impact reste limité face à l’ampleur du phénomène.
Des conséquences dramatiques
Au Maroc, des associations de défense des droits des patients psychiatriques, comme l’Association marocaine pour la santé mentale (AMSM), dénoncent régulièrement ces abus. Elles appellent à un renforcement des structures publiques et à une meilleure formation des soignants pour lutter contre ces pratiques. En Algérie, des voix similaires s’élèvent, mais les moyens manquent pour mener des actions concrètes.
Vers une prise de conscience collective
En Algérie, des initiatives locales, comme les cliniques mobiles dans les zones reculées ou les partenariats avec des ONG, montrent que des solutions existent. Cependant, ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur des besoins. La question dépasse le cadre médical : elle touche à la perception même de la maladie mentale dans la société, où le recours aux charlatans est souvent perçu comme une solution plus « acceptable » que l’hospitalisation psychiatrique.
L’exemple marocain doit servir d’avertissement. Sans une action coordonnée entre les pouvoirs publics, les professionnels de santé et la société civile, les patients psychiatriques continueront d’être des proies faciles pour ceux qui exploitent leur vulnérabilité. Pour l’Algérie, la priorité est double : renforcer son système de santé mentale et briser le tabou qui entoure ces maladies, avant que les charlatans ne comblent le vide laissé par les institutions.