Le ministère de la Santé algérien a récemment lancé une campagne nationale de dépistage du papillomavirus humain (HPV), responsable de près de 99 % des cancers du col de l’utérus. Selon les données du groupe Elsan, partenaire privé du secteur médical, cette initiative vise à réduire l’incidence de cette maladie, qui touche environ 1 500 femmes chaque année en Algérie. Les modalités pratiques du dépistage restent cependant peu connues du grand public.
Un test accessible dans les structures publiques
Le ministère de la Santé a ciblé en priorité les femmes âgées de 30 à 65 ans, tranche d’âge la plus exposée au risque de développement de lésions précancéreuses. Les jeunes femmes de moins de 30 ans, bien que souvent porteuses du virus, sont moins concernées par les complications, car leur système immunitaire élimine généralement l’infection spontanément.
Une campagne adossée à la vaccination
Le professeur Kamel Bouzid, chef du service d’oncologie à l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger, souligne l’importance de cette double approche : « La vaccination protège les générations futures, tandis que le dépistage permet de détecter précocement les lésions chez les femmes déjà exposées. Ensemble, ces deux outils peuvent réduire de moitié les cas de cancer du col de l’utérus d’ici 2030. »
Des défis logistiques et culturels
Par ailleurs, des réticences culturelles persistent. Certaines femmes évitent le test par pudeur ou par méconnaissance des risques. Pour y remédier, le ministère de la Santé a lancé des campagnes de sensibilisation via les médias publics et les réseaux sociaux, mettant en avant des témoignages de patientes et de médecins.
Un modèle inspiré des expériences étrangères
En Algérie, les autorités sanitaires misent sur un déploiement progressif. D’ici fin 2025, tous les centres de santé devraient être équipés pour réaliser le test HPV, avec un objectif de 1 million de dépistages annuels. « L’enjeu n’est pas seulement médical, mais aussi social, explique une source au ministère. Il s’agit de briser les tabous autour de la santé gynécologique et de donner aux femmes les moyens de se protéger. »
Que faire en cas de résultat positif ?
Le cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers évitables grâce à la prévention. En Algérie, où l’espérance de vie des femmes ne cesse d’augmenter, cette campagne pourrait sauver des milliers de vies. Reste à en assurer l’accès équitable sur tout le territoire.