Revue de presse : Emploi jeunes Algérie, Sport Algérie, Formation professionnelle Algérie…

**L’Algérie en mouvement : une mosaïque de défis et d’opportunités**

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de linéarité. L’Algérie avance par saccades, comme si chaque progrès économique (le partenariat Sonatrach-CEPSA sur l’hydrogène vert) devait être contrebalancé par un rappel des limites (la menace de couper le gaz à l’Espagne). Cette dialectique du « oui, mais » n’est pas un simple réflexe défensif : elle traduit une méfiance viscérale envers les dépendances extérieures, héritée de la guerre d’indépendance et exacerbée par les crises géopolitiques actuelles. Pourtant, dans cette prudence se niche aussi une forme d’audace – celle d’un pays qui, malgré ses contradictions, ose jouer sur plusieurs tableaux : l’énergie verte, la finance islamique, la diplomatie africaine, et même la gastronomie comme soft power.

**La jeunesse algérienne : entre emploi local et esclavage moderne**

Le paradoxe est cruel : alors que l’Algérie forme des ingénieurs et des techniciens (via la réforme de la formation professionnelle 2026), elle peine à les retenir. Le mémorandum Sonatrach-CEPSA sur l’hydrogène vert pourrait créer des emplois hautement qualifiés, mais pour combien de temps ? Les PME, elles, étouffent sous les charges fiscales (cf. la comptabilisation des acomptes d’impôt sur les sociétés), et les auto-entrepreneurs, bien que soutenus par une nouvelle agence, se heurtent à un écosystème bancaire encore réticent au risque. La jeunesse algérienne est ainsi prise en étau entre un État qui promet des emplois « locaux » et une économie de rente qui, malgré les discours sur la diversification, reste dépendante des hydrocarbures.

**Le sport et la culture : soft power ou alibis politiques ?**

La réponse réside peut-être dans la gastronomie. Les restaurants comme L’Authentique, où deux sœurs réinventent les saveurs kabyles, ou le premier restaurant yéménite d’Alger, ne sont pas de simples anecdotes. Ils participent d’une stratégie de réappropriation culturelle, où l’Algérie se présente comme un carrefour méditerranéen et africain – un contre-récit à la domination culturelle française. La nomination de Meriem Merdaci, une universitaire spécialiste des prisons coloniales, au ministère de la Culture, va dans le même sens : il s’agit de réécrire l’histoire, non plus comme une victime passive, mais comme un acteur qui revendique ses richesses spoliées.

Pourtant, cette réappropriation a ses limites. Les sites historiques algériens, bien que mis en avant, restent sous-financés et menacés par le pillage (cf. la spoliation des richesses matérielles et immatérielles). La culture algérienne est ainsi tiraillée entre une volonté de rayonnement international (via les classements de restaurants ou les compétitions sportives) et une précarité structurelle qui en limite la portée.

**Diplomatie algérienne : entre gazoducs et guerre des récits**

La rivalité avec le Maroc est un autre fil rouge. Le soutien émirati au Maroc sur le Sahara occidental a provoqué une réaction algérienne immédiate, révélant une alliance contre-nature : l’Algérie, traditionnellement proche de l’Iran et de la Russie, se retrouve à défendre une position pro-occidentale (via le soutien à l’Espagne) pour contrer Rabat. Cette realpolitik cynique montre que l’Algérie, malgré son discours anti-impérialiste, n’hésite pas à jouer les cartes qui lui sont favorables – y compris en s’alliant avec ceux qu’elle critique par ailleurs.

Mais la diplomatie algérienne a aussi ses succès. Le partenariat avec la Chine et l’Iran sur la crise d’Ormuz, ou encore l’ouverture d’un salon comme le NAPEC à Oran, montrent une volonté de diversifier les alliances. L’Algérie se positionne comme un acteur incontournable en Afrique, capable de rivaliser avec le Maroc sur le terrain de l’influence. Reste à savoir si cette stratégie sera durable, ou si elle se heurtera aux limites d’une économie encore trop dépendante des hydrocarbures.

**Finance islamique et PME : les deux visages de l’économie algérienne**

D’un côté, la finance islamique, présentée comme une alternative éthique au système bancaire classique, peine à décoller. Les banques algériennes, encore très conservatrices, rechignent à développer des produits conformes à la charia, par méconnaissance ou par crainte de perdre des parts de marché. De l’autre, les PME algériennes sont asphyxiées par une fiscalité complexe et un accès limité au crédit. Les comparaisons avec la Côte d’Ivoire (où les PME bénéficient d’allègements fiscaux) sont cruelles : en Algérie, les entrepreneurs doivent souvent recourir à des circuits informels pour survivre.

Pourtant, des signes d’espoir existent. Le partenariat Sonatrach-CEPSA sur l’hydrogène vert pourrait attirer des investissements étrangers et créer des emplois qualifiés. Mais pour que ces projets profitent à l’économie locale, il faudrait une réforme en profondeur du système bancaire et fiscal – une révolution que l’État algérien, encore très centralisé, semble peu enclin à mener.

**Exportations et pesticides : le double jeu algérien**

Les rapports sur les pesticides interdits exportés vers l’Afrique sont particulièrement accablants. L’Algérie, comme d’autres pays, profite du laxisme des contrôles pour écouler des produits dangereux – une pratique qui rappelle les critiques adressées à l’Europe, accusée de faire de même. Cette hypocrisie montre que l’Algérie, malgré son discours souverainiste, n’hésite pas à reproduire les travers du capitalisme mondialisé qu’elle dénonce par ailleurs.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

Trois scénarios se dessinent pour l’avenir :

1. Le scénario de la stagnation : L’Algérie reste prisonnière de son modèle rentier, avec une économie peu diversifiée et une jeunesse contrainte à l’exil ou à l’informel. Les tensions sociales s’aggravent, et le pays s’enlise dans une diplomatie de la menace (gazoducs coupés, alliances changeantes).

2. Le scénario de la rupture : Sous la pression des jeunes et des entrepreneurs, l’Algérie engage des réformes structurelles (fiscalité, banques, éducation). La finance islamique et les PME deviennent des leviers de croissance, et le pays se positionne comme un hub énergétique et culturel en Méditerranée. La diplomatie algérienne gagne en cohérence, en misant sur l’Afrique et l’Asie plutôt que sur l’Europe.

3. **Le scénario de

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