Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé la mise en service prochaine de nouvelles annexes pour les facultés de médecine. Ces structures, prévues pour être opérationnelles dès la rentrée universitaire 2025, visent à réduire la pression sur les établissements existants, notamment à Alger, Oran et Constantine. Selon El Watan, ces annexes accueilleront des étudiants en médecine, pharmacie et chirurgie dentaire, avec des capacités d’accueil supplémentaires estimées à 3 000 places.
Des infrastructures saturées depuis des années
Le projet d’annexes médicales s’inscrit dans une stratégie plus large de décentralisation de l’enseignement supérieur. Le ministre Kamel Baddari a déclaré lors d’une conférence de presse que ces nouvelles structures seront implantées dans des zones périphériques des grandes villes, comme Bab Ezzouar pour Alger ou Sidi Chahmi pour Oran. Ces sites ont été choisis pour leur accessibilité et leur proximité avec des centres hospitalo-universitaires (CHU), afin de faciliter les échanges entre théorie et pratique.
Un financement et des défis logistiques
Malgré ces avancées, des interrogations persistent sur la capacité du système à recruter suffisamment d’enseignants pour ces nouvelles structures. Actuellement, l’Algérie compte environ 12 000 enseignants en médecine, un nombre insuffisant pour couvrir les besoins des facultés existantes et des annexes à venir. Le ministère a lancé un appel à candidatures pour des postes de maîtres de conférences et de professeurs, avec des incitations financières pour attirer les médecins hospitalo-universitaires. Cependant, la fuite des cerveaux, notamment vers l’Europe et le Golfe, complique ce recrutement.
Un impact attendu sur la qualité des soins
Les nouvelles annexes devraient également permettre de développer des filières spécialisées, comme la médecine d’urgence ou la santé publique, actuellement sous-représentées dans les programmes universitaires. Le ministère prévoit d’introduire des modules sur l’intelligence artificielle appliquée à la médecine, en partenariat avec des entreprises technologiques locales. Ces initiatives s’alignent sur la stratégie nationale de santé 2030, qui vise à moderniser le système de santé et à réduire la dépendance aux importations de compétences médicales.
Des critiques sur la gestion du projet
Par ailleurs, des étudiants en médecine interrogés par El Watan ont exprimé leur scepticisme. « On nous promet des annexes depuis des années, mais sur le terrain, rien ne change », déclare Amina, étudiante en quatrième année à l’université d’Alger. « Même si les locaux sont prêts, il faudra des années pour recruter des enseignants qualifiés et équiper les laboratoires. » D’autres craignent que ces annexes ne deviennent de simples « usines à diplômes », sans réelle amélioration de la formation.
Une première étape vers une réforme plus large
Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a récemment déclaré que « la formation des médecins est une priorité nationale ». Il a souligné l’importance de former des praticiens capables de répondre aux défis sanitaires actuels, comme les maladies chroniques, les épidémies ou le vieillissement de la population. Les annexes médicales pourraient ainsi jouer un rôle clé dans la préparation de la prochaine génération de professionnels de santé, à condition que les promesses soient tenues et que les moyens humains et matériels suivent.