Algérie et GGGI lancent la croissance verte

L’Algérie a franchi une étape clé dans sa transition énergétique en signant un partenariat avec le Global Green Growth Institute (GGGI), une organisation internationale dédiée à la croissance verte. Cet accord, officialisé récemment, marque le début d’une coopération visant à accélérer les projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique dans le pays. Selon Le Jeune Indépendant, cette collaboration s’inscrit dans la stratégie algérienne de diversification économique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures.

Le GGGI, présent dans plus de 40 pays, apportera son expertise technique et financière pour soutenir les initiatives algériennes. Parmi les priorités figurent le développement des énergies solaire et éolienne, la modernisation des infrastructures énergétiques et la promotion de l’économie circulaire. Le ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Samia Moualfi, a souligné que ce partenariat permettra de « mobiliser des ressources supplémentaires pour concrétiser les objectifs du plan national climat ».

Un des premiers projets envisagés concerne la création de zones industrielles vertes, où les entreprises seront incitées à adopter des pratiques durables. Le GGGI accompagnera également l’Algérie dans la mise en œuvre de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), un engagement pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat. D’après les données du ministère, l’Algérie vise à produire 30 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030.

Les experts estiment que ce partenariat pourrait attirer des investissements étrangers, notamment dans le secteur des technologies propres. La Banque africaine de développement (BAD) a déjà exprimé son intérêt pour cofinancer certains projets. Cependant, des défis persistent, comme le besoin de renforcer les capacités locales en matière de gestion des énergies renouvelables. Des formations seront organisées en collaboration avec des institutions algériennes, telles que l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB).

Sur le plan régional, l’Algérie se positionne comme un acteur clé dans la transition énergétique en Afrique du Nord. Le pays dispose d’un potentiel solaire exceptionnel, avec un ensoleillement moyen de 3 000 heures par an. Les projets en cours, comme la centrale solaire de Hassi R’Mel, illustrent cette ambition. Le GGGI a salué les efforts algériens, tout en insistant sur la nécessité d’accélérer les réformes réglementaires pour faciliter l’investissement privé.

Les retombées économiques de cette coopération pourraient être significatives. Selon un rapport de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), la transition énergétique pourrait créer jusqu’à 50 000 emplois d’ici 2030, notamment dans les secteurs de la construction, de la maintenance et de la recherche. Les entreprises locales, comme Sonelgaz et Sonatrach, sont déjà engagées dans des projets pilotes, mais leur généralisation nécessitera des financements supplémentaires.

Les critiques soulignent toutefois que les progrès dépendront de la capacité de l’Algérie à surmonter les obstacles bureaucratiques et à garantir la transparence des projets. Certains observateurs, comme l’économiste Abdelatif Rebah, estiment que « la réussite de cette transition passera par une meilleure coordination entre les ministères et les acteurs privés ». Le gouvernement a répondu en annonçant la création d’une agence nationale dédiée à la transition énergétique, qui sera chargée de superviser les projets et de veiller au respect des normes environnementales.

En parallèle, des initiatives locales émergent. À Oran, la wilaya a lancé un programme de recyclage des déchets plastiques, en partenariat avec des start-up algériennes. Ces projets, bien que modestes, montrent une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux. Le GGGI a d’ailleurs proposé d’étendre ces expériences à d’autres régions, en s’appuyant sur des modèles éprouvés dans d’autres pays.

L’Algérie n’est pas seule dans cette démarche. D’autres pays africains, comme le Maroc et l’Égypte, ont également signé des accords avec le GGGI pour développer leurs secteurs verts. Cependant, l’Algérie se distingue par son ambition de devenir un hub régional pour les énergies renouvelables. Le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé cette vision lors du dernier sommet africain sur le climat, en insistant sur la nécessité de « transformer les défis climatiques en opportunités économiques ».

Les prochains mois seront décisifs. Le gouvernement doit finaliser les cadres juridiques et fiscaux pour attirer les investisseurs. Des rencontres sont prévues avec des fonds internationaux, comme le Fonds vert pour le climat, pour discuter des modalités de financement. Les entreprises algériennes, quant à elles, devront s’adapter aux nouvelles exigences environnementales, sous peine de perdre leur compétitivité.

Ce partenariat avec le GGGI représente une chance pour l’Algérie de concilier développement économique et préservation de l’environnement. Si les défis sont nombreux, les opportunités le sont tout autant. La réussite de cette transition dépendra de la capacité du pays à mobiliser tous les acteurs, publics et privés, autour d’un objectif commun : une croissance verte et inclusive.

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