Rivalités gazières Maroc-Algérie secouent l’Afrique

Les tensions entre l’Algérie et le Maroc autour des gazoducs s’inscrivent dans un jeu géopolitique plus large, où Moscou et Washington cherchent à étendre leur influence sur le continent africain. Selon Financial Afrik, cette rivalité énergétique, exacerbée par la guerre en Ukraine, redessine les alliances et les flux d’exportation du gaz naturel, avec des conséquences directes pour l’Algérie.

Le Maghreb au cœur des enjeux gaziers

Cette décision s’inscrit dans un contexte de rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, officialisée en août 2021. L’Algérie accuse le Maroc de soutenir des mouvements séparatistes et de mener des actions hostiles, notamment via le dossier du Sahara occidental. En réponse, le royaume chérifien a intensifié ses efforts pour contourner la dépendance au gaz algérien, en misant sur des projets alternatifs comme le gazoduc Nigeria-Maroc, un mégaprojet de 5 660 km visant à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via plusieurs pays africains.

L’Europe en quête de diversification

Cependant, cette opportunité s’accompagne de défis logistiques. Le Medgaz, d’une capacité de 8 milliards de mètres cubes par an, est déjà saturé, et son extension à 10 milliards de mètres cubes, prévue pour 2023, ne suffira pas à répondre à la demande croissante. Par ailleurs, le projet de gazoduc transsaharien (NIGAL), qui devait relier le Nigeria à l’Algérie via le Niger, peine à avancer en raison des instabilités sécuritaires dans la région du Sahel.

Moscou et Washington en compétition

De son côté, les États-Unis soutiennent discrètement le Maroc dans ses projets énergétiques, notamment le gazoduc Nigeria-Maroc, perçu comme une alternative aux routes contrôlées par l’Algérie. Washington mise sur ce projet pour affaiblir l’influence russe et algérienne en Afrique, tout en offrant une solution aux pays européens en quête de diversification.

L’Algérie face à des choix stratégiques

Enfin, l’Algérie doit composer avec les ambitions du Maroc, qui cherche à s’imposer comme un hub énergétique régional. Le projet Nigeria-Maroc, s’il aboutit, pourrait redessiner la carte des flux gaziers en Afrique et marginaliser l’Algérie, dont les réserves prouvées s’élèvent à 2 400 milliards de mètres cubes, selon les dernières estimations.

Un équilibre fragile

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